Mondiaux de cyclisme : Ganna critique les routes de Montréal, le sacre d’Evenepoel n’efface pas le malaise

Remco Evenepoel a dominé le contre-la-montre des Mondiaux de Montréal. Derrière son quatrième titre consécutif, plusieurs coureurs et membres d’équipes ont dénoncé l’état d’une partie du parcours. Filippo Ganna, deuxième, a lui aussi regretté la qualité de la chaussée, sans contester la supériorité du vainqueur.

Le podium semble raconter une course limpide : Evenepoel devant Ganna, puis le Français Paul Seixas, troisième à 19 ans. L’écart entre les deux premiers dépasse 57 secondes. Pourtant, au-delà des chronos, le revêtement et certaines portions techniques ont provoqué des critiques avant et après l’épreuve. Ganna a reconnu qu’Evenepoel avait été le plus fort, tout en estimant qu’une meilleure route aurait profité à tous.

Des critiques qui ne se résument pas à une excuse de battu

Le reproche ne vient pas d’un seul coureur déçu. Lors des reconnaissances, Klaas Lodewyck, membre de l’encadrement d’Evenepoel, avait déjà alerté sur l’état des routes. Après les contre-la-montre, d’autres concurrents ont décrit des bosses, des trous et des passages où ils ont dû redoubler de prudence. Des chutes et des frayeurs ont renforcé les questions sur la sécurité de cette épreuve mondiale.

Il faut toutefois distinguer deux débats. La qualité de la chaussée mérite d’être examinée par les organisateurs et l’UCI. Elle ne suffit pas à réécrire le classement : Evenepoel a affronté le même tracé et construit une avance considérable. Transformer la critique de Ganna en contestation du titre du Belge serait aller plus loin que ses propos.

Une alerte avant le dernier week-end des Mondiaux

Les championnats se poursuivent jusqu’au 27 septembre, avec les courses en ligne au cœur de l’attention. Leur parcours n’est pas identique à celui du contre-la-montre ; les critiques sur ce dernier ne prouvent donc pas que les mêmes difficultés s’y retrouveront. Elles rappellent néanmoins ce que les coureurs attendent d’un championnat du monde : un tracé exigeant, mais une chaussée et une signalisation à la hauteur de l’enjeu.

Pour le public français, le bronze de Seixas offre une raison supplémentaire de suivre la suite des Mondiaux. Pour les équipes, la priorité reste de courir sans qu’un défaut de route ajoute un risque évitable à la sélection sportive. Montréal a offert un champion incontestable et un débat légitime dans la même semaine. Les deux constats peuvent tenir ensemble, sans diminuer la performance d’Evenepoel ni étouffer la parole des coureurs.