Evenepoel et Van Aert dans la même équipe : le cadeau belge qui peut aussi sauver la France

Remco Evenepoel vient de devenir champion du monde du contre-la-montre pour la quatrième fois de suite. Dimanche, il visera aussi le titre sur route. À ses côtés, la Belgique aligne Wout van Aert : deux vainqueurs possibles dans une même sélection, mais un choix tactique qui pourrait décider du sort de Paul Seixas et des Bleus.

Remco Evenepoel a déjà un maillot arc-en-ciel dans sa valise à Montréal. Son quatrième titre mondial consécutif en contre-la-montre, obtenu dimanche devant Filippo Ganna et Paul Seixas, le place au centre de toutes les discussions. Il lui reste pourtant une course à disputer. Dimanche, sur les 273,7 kilomètres de la course en ligne, le Belge cherchera un doublé qu’il sait réaliser à l’échelle des grands rendez-vous : aux Jeux de Paris 2024, il avait remporté le chrono et la course sur route.
Mais cette fois, un autre candidat au titre portera le même maillot national que lui. La fédération belge a sélectionné Wout van Aert aux côtés d’Evenepoel, dans une équipe qui compte aussi Tiesj Benoot, Thibau Nys et Maxim Van Gils. Sur le papier, la Belgique dispose de quoi lancer des attaques et répondre à presque tous les scénarios. Sur la route, il faudra décider qui soutenir lorsque la course deviendra décisive.

Deux leaders, deux façons de gagner

Evenepoel n’a pas besoin d’attendre les derniers mètres : sa capacité à prolonger une attaque peut faire exploser une course avant le final. Van Aert apporte une autre menace, notamment si un groupe réduit se présente à l’arrivée. Ces profils peuvent fonctionner ensemble. Une accélération de l’un oblige les autres nations à réagir tandis que l’autre conserve des forces. Ils peuvent aussi compliquer la décision si chacun possède encore une chance dans les derniers tours.
Le circuit du mont Royal, répété douze fois, favorise précisément ce genre de poker. La montée de Camillien-Houde revient sans cesse ; les moments de répit se raréfient. Le champion du monde ne sera probablement pas seulement celui qui grimpe le mieux une fois, mais celui qui saura encore réfléchir après des heures d’usure.

Seixas peut profiter d’une hésitation

Pour la France, cette abondance belge est à la fois une menace et une occasion. Si Evenepoel s’isole devant, les Bleus devront choisir entre le poursuivre et garder Seixas à l’abri. Si Van Aert reste dans leur roue, l’effort fourni pour revenir sur son compatriote peut se payer à l’arrivée. À l’inverse, si la Belgique attend trop pour départager ses leaders, Seixas, Isaac del Toro ou un autre favori peut saisir l’ouverture.
Rien n’annonce une rivalité entre les deux Belges, et leur présence commune ne promet aucun incident. C’est justement ce qui rend leur stratégie passionnante : ils peuvent se rendre mutuellement imbattables, ou laisser aux autres quelques secondes de liberté. Dimanche, ce choix pourrait compter davantage que le résultat déjà acquis du contre-la-montre.