Paul Seixas a déjà battu presque tout le monde : le piège qui l’attend dimanche à Montréal

Médaillé de bronze du contre-la-montre mondial et quatrième du dernier Tour de France, Paul Seixas arrive à 20 ans parmi les hommes les plus attendus de la course en ligne. Mais un championnat du monde ne se gagne pas comme un classement général : face à Isaac del Toro et Remco Evenepoel, le Français devra aussi déjouer les calculs des autres nations.

À Montréal, Paul Seixas a d’abord fait tomber une certitude. Le jeune Français était déjà reconnu pour sa résistance en montagne et sa quatrième place sur le Tour de France 2026. Dimanche dernier, sur les 39,2 kilomètres du contre-la-montre mondial, il a pris le bronze derrière Remco Evenepoel et Filippo Ganna. Le voilà désormais capable de rivaliser avec les meilleurs dans un exercice de puissance presque pure. Le jour de ses 20 ans, jeudi, cette médaille constituait un joli cadeau. Dimanche, elle lui vaudra surtout d’être surveillé.

Un duel déjà entamé avec Del Toro

La course en ligne de dimanche lui offre un terrain autrement familier : 273,7 kilomètres, 3 803 mètres de dénivelé et douze passages sur le circuit du mont Royal. Le Mexicain Isaac del Toro connaît lui aussi les lieux. Il y a devancé Seixas lors du récent Grand Prix de Montréal. Ce résultat donne au rendez-vous mondial un parfum de revanche, avec une différence majeure : cette fois, les deux coureurs porteront les couleurs de leur pays.

Le précédent Grand Prix ne livre pourtant pas le nom du futur champion. Après plus de six heures de course, le placement, les alliances provisoires et la capacité à répondre à une accélération comptent autant que les jambes. L’absence de Tadej Pogačar, dont l’équipe a annoncé la fin de saison après sa chute sur la Vuelta, élargit encore le jeu. Personne n’a intérêt à offrir une course idéale à un seul favori.

La France devra choisir le bon moment

Thomas Voeckler a retenu autour de Seixas un groupe comprenant notamment Pavel Sivakov, Bruno Armirail, Valentin Paret-Peintre et Jordan Jegat. La tentation serait grande de tout contrôler pour le plus jeune. Ce serait aussi une façon de lui faire porter, à 20 ans, tout le poids du maillot bleu. L’équipe de France peut au contraire utiliser ses autres cartes pour obliger les rivaux à travailler.

Evenepoel a déjà remporté le chrono et vise un deuxième titre à Montréal. Del Toro a déjà gagné sur ces routes. Wout van Aert sera également là. Seixas, lui, possède une chance réelle, étayée par ses résultats. La question n’est pas de savoir si son bronze lui garantit l’or dimanche : il ne garantit rien. Elle est de savoir si les Bleus sauront transformer leur jeune favori en coureur imprévisible, au moment précis où tout le monde l’attend.