La contestation de la cession d’Open de Moselle à All In Moselle s’est achevée par un rejet en Cour de cassation le 7 octobre 2026. Pour le groupe associé à Jo-Wilfried Tsonga et Thierry Ascione, c’est une issue favorable dans le conflit d’actionnaires. Pour Metz, ce n’est pas le retour du Moselle Open au calendrier ATP. Le dossier expose une réalité brutale : gagner la bataille de la propriété ne suffit pas à conserver un tournoi.
Le litige portait sur les conditions de la cession des actions et l’exercice d’un droit de préemption. Les procédures avaient commencé bien avant la disparition de l’épreuve du circuit principal, après sa dernière édition en 2025. La décision de justice ne doit donc pas être lue comme une injonction adressée à l’ATP de rendre sa date à Metz. Elle règle une contestation entre acteurs de la société, dans un cadre différent de celui de l’organisation du circuit.
Une société et une place au calendrier, deux biens différents
Un tournoi existe pour le public à travers un lieu, une date, des joueurs et des souvenirs. Son fonctionnement repose aussi sur une entreprise organisatrice et sur son appartenance au circuit. Ces éléments peuvent sembler indissociables pendant des années ; un conflit révèle à quel point ils ne le sont pas.
Lors de l’annonce de février 2025, les organisateurs avaient relayé l’explication de l’ATP : le litige prolongé sur la propriété empêchait une planification satisfaisante. Ils attribuaient eux-mêmes la responsabilité de la perte de date aux procédures des minoritaires. Cette accusation appartenait à leur position dans le conflit. Le rejet du pourvoi ne permet pas de transformer automatiquement tous leurs commentaires sur les conséquences économiques en conclusions judiciaires.
Du tennis reviendra, mais pas le même produit sportif
Metz dispose d’un nouveau projet : l’Open Metz–Grand Est, un Challenger 125 annoncé du 16 au 22 novembre 2026. C’est une offre de tennis professionnel réelle. Ce n’est pas la restauration du statut ATP 250 de l’ancien Moselle Open, même si les rencontres se disputent dans la même ville et si le public y retrouve des joueurs connus.
La différence touche le niveau du circuit, les points distribués et la capacité à attirer certains participants. Elle concerne aussi l’identité commerciale construite autour d’un rendez-vous. Un territoire peut conserver une salle, des bénévoles et une envie de tennis sans récupérer à l’identique ce qu’il avait perdu.
L’affaire invite ainsi à regarder autrement les discours sur le patrimoine sportif. Une ville accueille un tournoi, parfois pendant des décennies, mais elle ne possède pas nécessairement tous les leviers qui assurent sa pérennité. La décision du 7 octobre clôt un volet de la bataille des actionnaires. Le calendrier 2026 raconte l’autre issue : le tennis messin doit désormais reconstruire une place, pas simplement célébrer un jugement.
Passionné de sport et l’émotion qui l’accompagne. Journaliste. 2 finales de Ligue des champions à mon actif. Passionné de tennis. Parisien de naissance et de coeur !


