Zinédine Zidane dirige l’équipe de France. Son fils Elyaz, lui, veut être jugé sur sa propre carrière. Dans un entretien publié le 16 octobre 2026, le défenseur du Red Star affirme vouloir écrire son histoire. Ce n’est pas une rupture avec son père : c’est la difficulté très concrète de devenir un professionnel lorsque le public connaît déjà le nom avant de connaître le joueur.
À 20 ans, Elyaz évolue en défense centrale, loin du poste qui a fait la gloire paternelle. Passé par la formation du Real Madrid puis par le Betis, il a rejoint le Red Star en juillet 2026. Son arrivée en Ligue 2 constitue un choix de développement, pas la promesse d’une ascension tracée jusqu’aux Bleus. Les sélections françaises de jeunes appartiennent déjà à son parcours ; elles ne lui assurent aucune suite chez les A.
Le nom attire l’objectif avant le premier ballon
L’héritage offre des avantages qu’il serait absurde de nier : la proximité d’un ancien champion, ses conseils et une connaissance précoce du milieu. Il crée aussi une comparaison impossible. Un défenseur central en construction ne peut pas être évalué à travers le souvenir d’un meneur de jeu champion du monde.
Elyaz dit ressentir cette comparaison permanente. On peut entendre cette difficulté sans prétendre qu’il serait privé d’opportunités. Les deux réalités coexistent : le nom ouvre l’attention, puis risque de déformer le jugement. Un geste ordinaire devient un clin d’œil au père ; une erreur peut alimenter un commentaire sur toute la famille. Le travail du joueur disparaît facilement derrière le récit que chacun attend de lui.
Le Red Star plutôt qu’une succession à raconter
Son choix d’un club français après des années en Espagne lui permet de construire une autre identité sportive. Il a expliqué avoir été sensible au projet présenté par Damien Perrinelle et à la confiance du Red Star. Ce cadre possède une valeur qui ne se mesure pas seulement au prestige du blason : il lui offre un rôle à développer dans une équipe, plutôt qu’un statut d’héritier à entretenir.
La présence de son père à la tête des Bleus rend évidemment son avenir international plus exposé. Elle ne doit pas devenir un feuilleton de favoritisme sans faits pour l’étayer. Elyaz n’a annoncé ni un accès privilégié à la sélection ni un choix définitif entre toutes ses possibilités internationales. Il privilégie sa progression en club.
C’est peut-être la demande la plus raisonnable de son entretien : laisser un joueur de 20 ans exister à son poste, dans son championnat et avec ses propres ambitions. Le football adore les dynasties parce qu’elles fournissent une histoire immédiatement compréhensible. Pour celui qui doit jouer, cette histoire peut devenir un costume trop grand. Elyaz ne renie pas son nom ; il cherche un espace où celui-ci ne ferait plus tout le commentaire.
Passionné de football, Mathieu s’intéresse particulièrement aux performances, aux statistiques et aux évolutions tactiques. Il décrypte l’actualité des clubs et des joueurs avec une attention particulière portée au jeu et aux tendances du football moderne.


