Bleus : la FFF avait conservé Sanhadji, elle envisage désormais son licenciement

Mohamed Sanhadji a été mis à pied à titre conservatoire par la Fédération française de football. Philippe Diallo a confirmé une procédure pouvant aller jusqu’au licenciement. Le responsable de la sécurité des Bleus avait pourtant été maintenu après son départ de la police. Sa situation place désormais la Fédération face à ses propres choix de continuité.

La FFF ne présente plus le maintien de Mohamed Sanhadji comme une solution opérationnelle. Le 15 octobre, Philippe Diallo a annoncé une mise à pied conservatoire et une demande d’entretien préalable à une éventuelle sanction. Le licenciement fait partie des issues possibles, mais il ne doit pas être présenté comme déjà décidé.

Le président fédéral invoque les contraintes du contrôle judiciaire, qui empêchent l’intéressé d’exercer l’ensemble de ses missions. Cette explication distingue deux dossiers : l’enquête pénale, dans laquelle Sanhadji reste présumé innocent, et la capacité de la Fédération à organiser concrètement la sécurité des Bleus.

Le maintien après la police devient une question de responsabilité

Chargé de la sécurité de l’équipe de France depuis 2004, Sanhadji avait quitté la police nationale à la fin de 2025 après une sanction administrative. La FFF avait ensuite choisi de poursuivre sa collaboration avec lui. La proximité de la Coupe du monde et la présomption d’innocence figurent parmi les arguments avancés par Diallo pour expliquer cette continuité.

Une mise en examen est intervenue le 16 septembre, notamment pour corruption de personne dépositaire de l’autorité publique. Elle ne constitue pas une condamnation. La défense a contesté les restrictions imposées, estimant qu’elles rendaient matériellement son travail impossible.

La mise à pied annoncée en octobre marque donc un changement dans la gestion fédérale du dossier. L’expérience accumulée et la confiance de l’environnement des Bleus ne suffisent plus à maintenir le fonctionnement précédent.

Protéger l’équipe sans anticiper la décision judiciaire

Pour la Fédération, l’enjeu est d’assurer une organisation stable autour de la sélection tout en laissant la justice poursuivre son travail. La procédure professionnelle peut aboutir à une décision distincte de l’issue pénale. Confondre les deux reviendrait à annoncer une culpabilité qui n’a pas été jugée.

Cette affaire pose aussi une question de dépendance à une personne devenue centrale pendant plus de vingt ans. Lorsqu’un responsable de longue date ne peut plus exercer normalement, son remplacement ne concerne pas seulement un nom sur un organigramme. Il faut préserver les procédures, les relations de travail et la continuité des missions.

La FFF devra maintenant assumer la suite du processus qu’elle a engagé. Après avoir défendu le maintien de Sanhadji, elle doit expliquer et organiser le changement. Le poste peut évoluer avant que le dossier judiciaire soit définitivement tranché ; la présomption d’innocence, elle, demeure.