Gianni Infantino s’est excusé pour la conduite de son projet d’ouverture de droits commerciaux à des investisseurs privés. La FIFA affirme que cette initiative est définitivement abandonnée. Mais plusieurs dirigeants européens restent insatisfaits des explications. Une nouvelle promesse de financement ne suffit pas à refermer la crise de confiance.
Le Conseil de la FIFA du 15 octobre devait permettre de répondre aux critiques sur le projet FIFA Forward Enterprise. Gianni Infantino a reconnu des erreurs dans sa préparation et sa communication. L’instance assure désormais que cette proposition retirée ne reviendra sous aucune forme.
Les excuses n’ont pourtant pas éteint la contestation. Debbie Hewitt, présidente de la fédération anglaise et vice-présidente de la FIFA, réclame toujours des réponses et des documents. Bernd Neuendorf, à la tête de la fédération allemande, a lui aussi fait part de son insatisfaction après la réunion.
Le projet disparaît, la question du contrôle demeure
Le différend concernait l’entrée d’investisseurs privés dans une structure liée aux droits commerciaux des compétitions de la FIFA. Le retrait du projet ferme cette option telle qu’elle avait été présentée. Il ne répond pas automatiquement aux interrogations sur la manière dont elle a été préparée.
C’est ce qui rend la crise durable. Les opposants ne demandent plus seulement l’abandon d’une opération : ils veulent comprendre qui a été consulté, quels engagements ont été envisagés et quels documents peuvent être examinés. L’enjeu porte sur le pouvoir de contrôle des responsables du football.
La FIFA invoque notamment des procédures judiciaires en cours aux États-Unis pour expliquer la confidentialité de certains éléments. Cette position doit être prise en compte. Elle laisse néanmoins subsister un désaccord sur le niveau d’information que les membres du Conseil estiment devoir recevoir.
Une enveloppe annoncée ne constitue pas encore un versement
Parallèlement, l’administration de la FIFA a présenté un programme destiné à porter à 6,35 milliards de dollars les investissements de développement sur la période 2027-2030. La proposition prévoit notamment une allocation de 25 millions de dollars par association membre. Ces sommes s’inscrivent dans un plan qui doit encore suivre plusieurs étapes de validation.
Il ne s’agit donc ni d’argent déjà versé ni d’un dispositif intégralement finalisé. Les modalités doivent être précisées, puis soumises aux instances compétentes. Cette distinction est importante dans une séquence où les annonces financières occupent une place centrale.
Pour Infantino, la difficulté est désormais double : défendre sa capacité à financer davantage le football et rétablir la confiance dans sa façon de décider. Les deux sujets ne se confondent pas. Promettre plus de moyens aux fédérations ne dispense pas de répondre aux questions sur l’opération abandonnée.
Passionné de sports mécaniques, Marc suit la Formule 1 et les grandes compétitions automobiles. Résultats, pilotes, écuries, coulisses et évolutions techniques : il décrypte une discipline où chaque détail peut faire la différence.


