Le chèque de Kylian Mbappé ne résume pas l’affaire Mohamed Sanhadji. L’ancien responsable de la sécurité des Bleus aurait aussi emprunté de l’argent à plusieurs joueurs et entraîneurs. Avec, derrière ces opérations, une question embarrassante pour l’encadrement de l’équipe de France : jusqu’où allaient ces relations personnelles ?
Un don de 60 300 euros, puis des prêts qui impliqueraient plusieurs autres figures du football français. Les nouvelles informations publiées ce jeudi sur Mohamed Sanhadji décrivent des échanges financiers bien plus étendus que le seul versement effectué par Kylian Mbappé après le Mondial 2022.
Selon les éléments rapportés dans l’enquête, l’ancien policier aurait obtenu 215 000 euros de prêts auprès de joueurs et d’entraîneurs. Une quinzaine de personnes auraient été sollicitées. Ces sommes auraient notamment servi à financer un projet immobilier.
Mbappé aurait prêté 120 000 euros
Le prêt le plus important cité concerne Kylian Mbappé. Par l’intermédiaire de sa mère, Fayza Lamari, le capitaine des Bleus aurait avancé 120 000 euros. Raphaël Varane, Laurent Blanc et Sabri Lamouchi auraient chacun prêté 20 000 euros. D’autres noms apparaissent, dont Yann M’Vila et Mattéo Guendouzi.
Un détail retient particulièrement l’attention dans cette reconstitution. Mohamed Sanhadji aurait présenté certaines demandes comme une démarche exceptionnelle, réservée à une personne avec laquelle il entretenait une proximité particulière. Plusieurs interlocuteurs auraient pourtant été approchés.
Ces prêts ne doivent pas être confondus avec des cadeaux, ni automatiquement additionnés aux autres montants évoqués dans le dossier. Leur existence rapportée ne permet pas davantage de conclure, à elle seule, à une infraction. C’est précisément la nature des opérations et les circonstances dans lesquelles elles ont été réalisées que la justice doit établir.
Une proximité devenue impossible à maintenir
Mis en examen le 16 septembre, notamment pour corruption, trafic d’influence et escroquerie, Mohamed Sanhadji reste présumé innocent. Il réserve ses explications à la justice. Kylian Mbappé n’est pas mis en examen dans cette affaire.
Les conséquences sur le fonctionnement des Bleus sont, elles, déjà concrètes. Le contrôle judiciaire de Sanhadji lui interdit notamment de contacter les joueurs actuels et anciens des sélections nationales ainsi que les membres de l’encadrement fédéral concernés.
La Fédération doit donc remplacer un homme dont les relations dépassaient largement les déplacements et la protection du groupe. Pour son successeur, la difficulté sera aussi de fixer une limite claire entre les services rendus dans le cadre du travail et les arrangements privés avec les internationaux.
Journaliste sportif passionné par toutes les disciplines, Benjamin s’intéresse particulièrement au football, au rugby et aux grands événements. Il décrypte l’actualité avec un regard attentif sur les performances, les enjeux et les histoires qui font vivre le sport.

