La FIFA aurait accepté de payer les impôts américains de Gianni Infantino pendant son installation à Miami. Une enquête publiée le 2 novembre évalue l’avantage à environ quatre millions de dollars sur la période concernée. L’organisation affirme avoir respecté ses règles et ses obligations légales. Le dossier pose une question précise sur la publication du coût complet de son président.
L’enquête du journaliste Tariq Panja décrit une décision prise en mai 2024, lors d’une réunion du comité chargé de la rémunération des principaux responsables. Le mécanisme devait compenser les conséquences fiscales d’une installation aux États-Unis. Selon les documents examinés, la FIFA aurait finalement pris en charge la totalité de l’impôt américain d’Infantino. Le total d’environ quatre millions correspond au coût attendu au terme de son affectation américaine, jusqu’en 2026.
Le salaire annoncé ne suffit pas à décrire l’avantage
Une rémunération peut prendre plusieurs formes. Le salaire et les primes sont les plus visibles. Lorsqu’un employeur règle une dépense personnelle normalement supportée par le bénéficiaire, cette prise en charge a également une valeur économique. Elle peut modifier sensiblement ce que la personne conserve effectivement de ses revenus.
C’est le point central de l’enquête. Le journaliste rapporte que cet avantage fiscal n’aurait pas été divulgué dans les déclarations examinées, malgré les engagements de transparence de l’organisation. La FIFA répond que ses procédures internes et les lois applicables ont été respectées. Elle indique également que les paiements à ses principaux responsables font l’objet d’audits indépendants.
Ces deux positions portent sur des éléments qu’il faut pouvoir rapprocher. Une organisation peut expliquer qu’une dépense a été autorisée. Les lecteurs de ses comptes doivent encore pouvoir identifier cette dépense et comprendre à quelle rémunération elle se rattache.
La comparaison avec les autres expatriés devient décisive
Le dispositif avait été présenté dans le cadre du déplacement de collaborateurs vers les États-Unis pour préparer le Mondial. Pour apprécier l’avantage accordé au président, il faudrait donc connaître les conditions réellement appliquées aux autres bénéficiaires. Quelle part de l’impôt était compensée ? Avec quels plafonds ? Selon quelle méthode de calcul ?
L’enquête ne permet pas de transformer ces interrogations en condamnation judiciaire. Elle oblige en revanche à regarder au-delà du seul salaire annuel. Si une partie importante du coût du président apparaît dans d’autres postes, le montant mis en avant au public raconte une histoire incomplète.
La réponse documentaire sera déterminante. Publier les critères de prise en charge et la façon dont les sommes sont comptabilisées permettrait de comparer l’explication de la FIFA avec les chiffres. Tant que ces éléments restent difficiles à rapprocher, le débat sur la rémunération d’Infantino porte aussi sur ce que les comptes donnent réellement à voir.
Passionné de tennis, de cyclisme et de sports outdoor, Stéphane suit les disciplines où la performance individuelle et le dépassement de soi occupent une place centrale. Il décrypte l’actualité, les grands rendez-vous et les athlètes qui les font vivre.


