Infantino : Près de 4 millions de dollars d’impôts… à la charge de la FIFA !

La FIFA aurait accepté de régler l’intégralité des impôts américains de Gianni Infantino pour les années 2024 à 2026. La facture totale est estimée à près de quatre millions de dollars. Les documents révélés le 2 novembre soulèvent aussi une question de transparence. L’instance affirme avoir respecté ses règles et les lois applicables.

Le montant ne correspond pas à un nouveau salaire annuel de quatre millions de dollars. Selon les enquêtes du New York Times et du Monde, il s’agit du coût estimé de la prise en charge des impôts américains de Gianni Infantino sur trois années. Une dépense distincte de sa rémunération habituelle, liée à son installation aux États-Unis pour préparer les compétitions organisées sur place.

Le mécanisme avait initialement été conçu pour les salariés détachés. Son objectif était d’éviter qu’ils supportent une charge fiscale supérieure à celle qu’ils auraient connue en restant en Suisse. Son extension au président de la FIFA, qui possède un statut d’élu, est au centre des révélations.

Un avantage approuvé en interne, mais contesté sur sa présentation

Le New York Times rapporte qu’en mai 2024, à Bangkok, Bruno Chiomento a proposé que la FIFA compense également la charge fiscale supplémentaire de son président. Les membres du comité concerné ont accepté cette orientation, d’après les documents examinés.

L’enquête décrit ensuite une prise en charge de la totalité de sa facture américaine. Elle fait aussi état d’interrogations internes sur la manière dont cet avantage avait été déclaré. La discussion porte donc à la fois sur les conditions d’attribution du dispositif et sur sa visibilité dans les documents de rémunération.

La présence de l’avocat personnel d’Infantino parmi les experts consultés a également suscité des réserves internes, selon le journal américain. Ces éléments sont rapportés par les enquêtes ; ils ne constituent pas un jugement établissant une infraction.

La FIFA défend la régularité du dispositif

Dans ses réponses, l’organisation affirme que ses règlements, ses procédures et les lois applicables ont été respectés. Elle assure satisfaire à ses obligations fiscales et déclaratives, et indique que les paiements concernant les hauts dirigeants font l’objet d’audits indépendants.

Cette position doit être examinée avec les documents révélés. Le simple fait qu’un employeur ou une organisation prenne en charge des impôts ne suffit pas à établir une illégalité. Le débat concerne ici l’autorisation de l’avantage, son calcul et sa déclaration.

En septembre, Infantino avait déjà proposé un examen indépendant de la gouvernance après les contestations entourant son projet commercial sur les droits de la Coupe du monde. La publication détaillée des avantages accordés aux dirigeants pourrait désormais devenir un point concret de cet examen.