Ángel Di María a raconté avoir reçu un courrier du Real Madrid le matin de la finale mondiale de 2014. Blessé, il voulait pourtant rester disponible pour l’Argentine. Mais son récit ne permet pas de conclure que Madrid avait décidé seul de son absence.
Le 13 juillet 2014, l’Argentine affronte l’Allemagne au Maracanã sans Ángel Di María sur le terrain. Le joueur s’est blessé à la cuisse contre la Belgique, en quarts de finale. Il manque déjà la demi-finale face aux Pays-Bas. Autour de sa participation à la dernière rencontre, une autre tension s’est toutefois installée : celle entre les précautions de son club et son désir de jouer.
Dans un texte personnel publié en juin 2018, Di María revient sur le courrier que lui aurait apporté le médecin argentin Daniel Martínez. Il affirme l’avoir déchiré. Le document, tel qu’il lui aurait été présenté, insistait sur son état physique et sur les risques d’une participation.
Un courrier interprété comme une protection du transfert
Di María relie cette démarche à son avenir en club. Il estime que le Real souhaitait préserver sa valeur dans la perspective d’un départ. Cette lecture appartient au joueur : elle ne permet pas d’établir à elle seule les intentions des dirigeants madrilènes.
L’épisode avait déjà été évoqué publiquement avant son texte de 2018. En 2015, il expliquait que le courrier demandait à la sélection argentine d’assumer les conséquences d’une éventuelle aggravation. Il précisait aussi que cette intervention n’était pas, selon lui, la raison de son absence en finale.
Ses différentes versions divergent sur un détail : avoir lu la lettre avant de la déchirer ou l’avoir détruite sans l’ouvrir. Elles se rejoignent sur le point central de son témoignage : il ne voulait pas que ce courrier détermine sa disponibilité pour l’Argentine.
Sabella a choisi un joueur apte à débuter
Di María raconte avoir laissé Alejandro Sabella libre de sa décision. Le sélectionneur titularise Enzo Pérez, en état de jouer. L’ailier reste inutilisé et l’Allemagne gagne 1-0 après prolongation, grâce à Mario Götze.
Cette chronologie évite un raccourci souvent associé à l’histoire. Déchirer une lettre ne supprimait pas la blessure. Et recevoir un courrier du Real ne signifiait pas que Sabella avait abandonné son pouvoir de décision.
Le conflit raconté par Di María porte sur sa volonté de rester une option jusqu’au bout. La feuille de match, elle, conserve une réalité plus simple et plus cruelle : l’Argentine a joué la finale sans l’un de ses principaux accélérateurs, même après qu’il avait manifesté son envie de participer.
Journaliste passionné par l’univers du sport et ses enjeux économiques, François suit particulièrement l’actualité du football et du mercato. Transferts, tendances, chiffres et coulisses des clubs : il décrypte les mouvements qui animent le marché.


