Vente de l’OM : le piège des 800 millions de dollars de McCourt

Huit cents millions de dollars injectés en dix ans : l’estimation rapportée par RMC Sport donne la mesure de l’engagement de Frank McCourt. Elle ne donne pas le prix de l’OM. Confondre ce qu’un propriétaire a dépensé avec ce qu’un acheteur devrait lui verser fausse une bonne partie du débat sur la vente.

À l’occasion du dixième anniversaire du rachat, en octobre 2026, plusieurs récits ont remis les mêmes montants en circulation. Avec une première précaution élémentaire : l’estimation relayée par RMC est exprimée en dollars, même si certaines reprises parlent d’euros. Ce n’est pas une différence de présentation que l’on peut effacer sans explication.

Financer dix saisons ne revient pas à acheter dix fois le club

Les apports successifs d’un actionnaire peuvent permettre de financer des investissements, de couvrir des besoins de trésorerie ou d’absorber des déficits. Tout cet argent ne se transforme pas en actifs qu’un futur acquéreur pourrait reprendre à leur valeur initiale. Une dépense passée peut avoir été nécessaire sans être récupérable lors d’une cession.

Pour connaître précisément la situation de McCourt, il faudrait aussi distinguer les différentes formes de financement, les participations et les éventuelles créances. Le total cumulé avancé dans la presse ne remplace pas cette analyse. Il ne permet ni d’affirmer que la totalité serait perdue, ni de promettre qu’elle serait retrouvée à la sortie.

L’OM peut par ailleurs avoir pris de la valeur sans que celle-ci corresponde à la somme des chèques de son propriétaire. La progression des recettes de billetterie ou de sponsoring nourrit un potentiel économique. Mais un acheteur examine aussi les charges nécessaires pour produire ces revenus, les risques et les engagements existants.

Le milliard évoqué n’est pas une offre signée

Le bilan publié par RMC Sport et relayé le 17 octobre fait état de perceptions divergentes : McCourt maintient officiellement ne pas vouloir vendre, tandis que des acteurs ayant côtoyé l’Américain pensent qu’une cession pourrait être envisagée. Ces appréciations ne constituent ni une annonce de mise en vente, ni la preuve d’une négociation aboutie.

Le milliard d’euros régulièrement associé au dossier doit être traité avec la même prudence. Un montant circulant dans le débat public ne vaut pas offre ferme. Et une estimation de marque ne se confond pas davantage avec la valeur de l’ensemble du club, dettes et obligations comprises.

Le sujet mérite mieux qu’un compte à rebours permanent. Un propriétaire peut souhaiter récupérer beaucoup, un candidat considérer que le risque justifie moins, et aucune transaction ne se produire. Les dépenses de McCourt expliquent l’ampleur de son exposition. Elles ne créent pas, pour un acheteur éventuel, l’obligation de lui rembourser dix ans d’histoire.