La ferveur autour des jeunes Marseillais ne suffit pas à fabriquer une référence nationale. Dans le tableau d’efficacité des centres de formation publié pour 2025-2026, l’OM apparaît au quinzième rang des dix-huit clubs de Ligue 1. Ce classement ne condamne aucun joueur. Il oblige en revanche à regarder ce que produit réellement la filière.
Le document de la Direction technique nationale, arrêté au 31 mai 2026 puis validé le 30 juin, ne récompense pas simplement un résultat en championnat de jeunes. Il examine plusieurs dimensions du travail de formation. Autrement dit, gagner avec une génération ou annoncer une signature ne suffit pas à démontrer que tout le système fonctionne.
Le problème ne tient pas à un seul entraîneur
L’évaluation combine cinq critères : professionnalisation, temps de jeu en équipe première, sélections nationales, scolarité et représentation européenne. On y retrouve donc l’accès au métier, la place faite aux joueurs formés et leur parcours, mais aussi les diplômes obtenus. Réduire le tableau à un concours de dribble serait une lecture trompeuse.
Le PSG arrive en tête de l’évaluation 2025-2026, devant Toulouse. Pour Marseille, l’écart appelle une discussion sur la continuité du parcours proposé aux jeunes. Un centre doit repérer, former, accompagner puis trouver un débouché sportif. La qualité d’une seule étape ne garantit pas celle des suivantes.
Cela ne prouve pas que les jeunes de l’OM seraient moins talentueux individuellement que tous ceux des clubs mieux classés. Cela n’autorise pas non plus à attribuer cette position à une personne unique. Une évaluation annuelle agrège des parcours et des résultats dont la construction dépasse quelques mois de travail.
Remplir la réserve n’est pas la même chose que former
Le recrutement de Victor Joseph en janvier 2026 illustre une autre distinction utile. Le milieu offensif est arrivé de Sochaux pour renforcer l’équipe Pro 2. Son parcours antérieur comprenait notamment l’INF Clairefontaine et le centre sochalien. L’accueillir à Marseille constitue un travail de recrutement et de développement ; cela ne permet pas d’attribuer à l’OM toute sa formation précédente.
Une réserve peut servir de transition pour les joueurs du centre et accueillir des talents venus d’ailleurs. Les deux fonctions sont compatibles. Mais leur réussite doit être évaluée sans confondre tous les profils sous l’appellation commode de « minots ».
Le vrai défi marseillais est de rendre ce passage vers le métier moins exceptionnel. Pas de promettre une titularisation automatique aux jeunes du cru, ni de leur demander de sauver l’équipe première. Le classement officiel ne décide pas de leur avenir. Il rappelle simplement que la réputation populaire d’un club et l’efficacité de son centre ne sont pas un seul et même palmarès.
Passionné de tennis, de cyclisme et de sports outdoor, Stéphane suit les disciplines où la performance individuelle et le dépassement de soi occupent une place centrale. Il décrypte l’actualité, les grands rendez-vous et les athlètes qui les font vivre.

