Un joueur peut avoir quitté Marseille et continuer à peser dans ses comptes. Les opérations concernant Jonathan Rowe et Iliman Ndiaye ont remis en lumière ces droits conservés lors d’une vente : bonus, pourcentage sur une future plus-value, mécanismes de solidarité. Le montant affiché au départ raconte rarement tout. Pour l’OM, une négociation peut produire ses effets bien après la photo avec le nouveau maillot.
Les mouvements annoncés le 1er septembre 2026 l’illustrent. Ndiaye a rejoint Manchester City depuis Everton ; Rowe a fait l’objet d’un prêt payant de Bologne à l’Atalanta, assorti d’une obligation d’achat. L’Équipe a alors évalué à plus de huit millions d’euros les retombées potentielles cumulées pour Marseille. Cette estimation concerne des mécanismes différents et des échéances qui ne se superposent pas forcément.
Dix pour cent de quoi, exactement ?
Un intéressement sur le prix de revente et un pourcentage sur la plus-value n’ont pas le même rendement. Dans le premier cas, on applique une fraction à un montant de cession défini au contrat. Dans le second, il faut d’abord tenir compte de la base d’acquisition retenue pour calculer le gain.
Les informations publiées sur Ndiaye font état d’un intéressement marseillais de 10 % sur la plus-value. Cela ne revient donc pas à attribuer automatiquement 10 % des quelque 70 millions d’euros évoqués pour son transfert à City à l’OM.
Le dossier Rowe ajoute une autre couche : la presse a rapporté un bonus lié au franchissement d’un seuil de revente, ainsi qu’un intéressement sur la plus-value. Avec un prêt payant puis une obligation d’achat, le calendrier compte autant que la somme annoncée. On ne peut traiter tout le potentiel comme un encaissement immédiat.
Une protection utile, pas une machine à réparer les erreurs
Conserver un droit sur l’avenir permet au vendeur de participer à une progression qu’il ne financera plus directement. C’est particulièrement intéressant lorsqu’un joueur jeune est cédé avant d’avoir atteint sa valeur maximale. L’acheteur peut, en contrepartie, chercher à réduire le prix initial ou à limiter ce qu’il devra reverser.
Il faut donc juger l’accord entier. Une clause spectaculaire ne prouve pas, à elle seule, qu’un transfert était une bonne affaire ; son absence ne suffit pas non plus à démontrer une mauvaise négociation. Le prix obtenu immédiatement et les risques abandonnés ont également une valeur.
Pour les supporters, la revente réussie d’un ancien peut réveiller un regret sportif. Pour la direction financière, elle peut déclencher une créance. Les deux lectures ne s’annulent pas. Marseille peut avoir perdu un joueur devenu meilleur ailleurs tout en ayant conservé un petit droit sur cette réussite. Le mercato finit à une date. Certaines négociations continuent de rapporter longtemps après.
Passionné de sport et l’émotion qui l’accompagne. Journaliste. 2 finales de Ligue des champions à mon actif. Passionné de tennis. Parisien de naissance et de coeur !
