OM : Abdelli réussit sa panenka, Génésio lui ferme pourtant la porte

Himad Abdelli a transformé le penalty qui a scellé le succès de l’OM à Troyes le 11 octobre 2026. Trois jours plus tard, Bruno Génésio a rappelé que le milieu n’était pas le tireur prioritaire : Amine Gouiri et Igor Paixão étaient désignés, mais tous deux avaient quitté le terrain. Le geste a fait parler ; la réponse de l’entraîneur raconte surtout à quel point les statuts restent surveillés à Marseille.

Le penalty a porté le score à 2-0 en fin de rencontre et mis fin à une série de défaites en championnat. Abdelli a choisi la panenka, geste qui transforme toujours un but en message public. On aurait pu imaginer qu’une telle réussite bouscule immédiatement l’ordre établi. Génésio a dit l’inverse en conférence de presse le 14 octobre : malgré la réussite du joueur dans cet exercice, la hiérarchie des tireurs ne change pas. La distinction est nette entre l’initiative prise dans une situation particulière et le droit de recommencer par principe.

Le geste libre, le statut verrouillé

Cette mise au point évite de créer une guerre de penalties qui n’existe pas. Elle révèle néanmoins la mécanique d’un vestiaire où chaque responsabilité dit quelque chose de la confiance accordée. Gouiri et Paixão gardent la priorité, même après une soirée où Abdelli a parfaitement exécuté le geste. Pour le milieu algérien, ce n’est pas une humiliation ; c’est un rappel que le talent ponctuel ne fait pas basculer tous les rôles.

L’histoire serait anecdotique si Abdelli n’était pas lui-même en train de chercher sa vraie place dans le projet marseillais. Arrivé en février 2026, il a reconnu avoir eu du mal à se libérer, en partie parce qu’il se mettait de la pression dans un club auquel il tient. Devant la presse, il a expliqué que les échanges avec Génésio lui avaient rendu davantage de liberté sur le terrain.

À Marseille, être utile ne suffit pas toujours à devenir central

Sa polyvalence offre des solutions à un effectif que son entraîneur juge limité en nombre. Elle peut aussi devenir un piège : le joueur capable de dépanner partout est parfois celui auquel on confie le moins souvent un poste à lui. Abdelli a affiché sa disponibilité, jusqu’à dire qu’il jouerait même latéral si on le lui demandait. Voilà un discours précieux pour un coach ; il ne dit pas encore où se situe le meilleur Abdelli.

La panenka de Troyes ne doit donc pas être vendue comme une prise de pouvoir. Elle donne au contraire un bon angle pour regarder ce qui se passe après le geste spectaculaire. Génésio a fixé la limite sur les penalties. Reste à voir s’il ouvrira davantage le jeu dans l’animation et la construction, là où Abdelli peut gagner une influence plus durable qu’un tir à onze mètres.