Jim Ratcliffe pilote les opérations football de Manchester United. Mais son arrivée n’a pas retiré aux Glazer le contrôle du club. L’accord entre actionnaires leur permet même, sous certaines conditions, d’entraîner son bloc dans une vente totale.
La crise de Manchester United ne se joue pas uniquement autour de son entraîneur. Une enquête publiée par ESPN le 26 octobre décrit aussi des réserves chez les Glazer concernant certaines décisions prises sous Jim Ratcliffe. La manière de conduire les suppressions de postes aurait notamment déplu aux copropriétaires américains. Ces désaccords sont rapportés à partir de sources internes ; ils ne constituent pas l’annonce d’une rupture.
Derrière cette situation se trouve une particularité parfois oubliée : Ratcliffe a obtenu la conduite du football sans devenir l’actionnaire qui possède le dernier mot sur tout. Le rapport annuel 2026 du club attribue aux entités de la famille Glazer 67,91 % des droits de vote, contre 28,95 % à Ineos.
Une vente pourrait aussi concerner Ineos
Le même document expose un mécanisme prévu par l’accord de gouvernance. À partir de dix-huit mois après la finalisation de l’opération de février 2024, une vente totale peut, sous les conditions prévues au contrat, entraîner la cession de la participation du bloc Ratcliffe.
Autrement dit, les Glazer disposent d’un moyen de vendre l’ensemble du club sans devoir conserver Ineos comme partenaire du futur propriétaire. Cette possibilité existe depuis août 2025. Elle ne signifie pas qu’un acheteur a été trouvé, ni que le mécanisme a été déclenché.
L’accord contient également une protection financière temporaire. Pour une vente totale conclue, ou faisant l’objet d’un accord définitif, avant le troisième anniversaire de l’opération, le bloc concerné doit recevoir au moins 33 dollars par action en numéraire. Cette garantie arrive à échéance en février 2027.
Changer l’entraîneur ne règle pas la question du pouvoir
Ces clauses donnent une autre dimension aux difficultés sportives. Un changement sur le banc peut modifier les résultats ; il ne modifie pas, à lui seul, la répartition du contrôle entre les propriétaires. Ratcliffe reste responsable d’une partie essentielle du fonctionnement du club tout en dépendant d’un accord avec ceux qui dominent les votes.
Aucune décision publique ne permet aujourd’hui d’annoncer son départ ou une vente imminente. Mais les Glazer ne sont pas de simples spectateurs contractuellement impuissants. S’ils choisissent un jour de céder Manchester United, l’avenir de Ratcliffe dans le club fera aussi partie de la transaction.
Journaliste passionné par l’univers du sport et ses enjeux économiques, François suit particulièrement l’actualité du football et du mercato. Transferts, tendances, chiffres et coulisses des clubs : il décrypte les mouvements qui animent le marché.

