Flamini : La vérité derrière les milliards qu’on lui prête

Mathieu Flamini n’a pas attendu la retraite pour préparer sa reconversion. Pendant sa carrière, l’ancien joueur de l’OM consacrait une partie de son temps libre à une entreprise de chimie. Il préférait même garder cette activité discrète. Son récit éclaire une trajectoire souvent réduite à des chiffres de fortune invérifiables.

Les milliards supposés de Flamini prennent régulièrement plus de place que son travail. Dans le podcast « Anatomie d’une décision » de L’Express, diffusé le 11 octobre, l’ancien milieu raconte pourtant une histoire beaucoup plus progressive. Il a mené son projet industriel pendant qu’il jouait encore au plus haut niveau.

À Milan, explique-t-il, il utilisait une partie du temps laissé libre après les siestes pour apprendre et développer cette activité. Là où certains partenaires choisissaient la console, le shopping ou une promenade, il travaillait à sa deuxième carrière.

Une activité qu’il préférait garder secrète

Flamini n’avait pas envie d’annoncer immédiatement qu’il se lançait dans la chimie. Il souhaitait d’abord maîtriser suffisamment le sujet pour répondre aux questions. « Avant même de pouvoir en parler, je voulais apprendre », explique-t-il dans l’entretien accordé à L’Express.

Le choix avait de quoi surprendre. L’anglais et la chimie figuraient parmi les matières qu’il appréciait le moins à l’école. Les deux occupent désormais une grande partie de sa vie professionnelle.

Son intérêt pour l’environnement était plus ancien. Il raconte une enfance au bord de la mer, les sorties avec son père passionné d’apnée et les collectes de plastique sur les plages. La création d’une entreprise venait prolonger cette sensibilité, en lui donnant une application industrielle.

Les 30 milliards ne correspondaient pas à sa fortune

GFBiochemicals, cofondée avec Pasquale Granata, développe des ingrédients destinés à remplacer certains produits issus du pétrole. Cette activité implique des recherches, des procédés de fabrication et une commercialisation. Flamini souligne justement le temps nécessaire pour passer d’une idée à un produit vendu.

Cela ne permet pas de fixer sa fortune personnelle. En 2018, dans un entretien au magazine L’Équipe, il avait déjà démenti posséder 30 milliards d’euros sur son compte. Le chiffre concernait, expliquait-il, la valeur du marché que son entreprise souhaitait viser.

Un marché accessible à plusieurs entreprises n’est ni la valorisation de l’une d’elles ni le patrimoine de son fondateur. Le récit de Flamini apporte surtout un détail concret sur sa reconversion : lorsqu’il a arrêté le football en 2019, il avait déjà passé plusieurs années à apprendre un autre métier.