Quatre matches ont suffi à Zinédine Zidane pour modifier l’allure de l’équipe de France. Trois victoires, un nul et surtout des choix qui ne ressemblent pas à de simples retouches : un milieu renforcé, une possession assumée et des jeunes installés sans attendre. Le nouveau sélectionneur ne critique pas Didier Deschamps. Sur le terrain, il organise pourtant déjà la rupture.
Le bilan brut est flatteur. La France a gagné en Turquie, battu deux fois la Belgique et concédé un nul contre l’Italie. Le succès 4-1 au Stade de France, lundi 5 octobre, a offert les images les plus spectaculaires de ce premier rassemblement, même si les quatre buts inscrits en quatorze minutes ont aussi masqué une première heure plus laborieuse.
Zidane a lui-même refusé l’emballement. Il s’est dit encouragé et optimiste, tout en rappelant que l’équipe pouvait faire mieux. Cette prudence n’efface pas les changements. Ils apparaissent dans la structure, les profils convoqués et la manière dont les Bleus cherchent à contrôler les matches.
Un milieu de trois pour sortir du tout-offensif
Première rupture : le sélectionneur a privilégié trois milieux plutôt qu’une accumulation de quatre attaquants. L’idée n’est pas de défendre plus bas, mais de sécuriser la circulation et le contre-pressing. Un joueur reste devant la défense, deux relayeurs l’accompagnent, tandis que les latéraux sont invités à monter. Cette organisation rapproche davantage les Bleus d’une équipe de contrôle que d’un bloc attendant l’erreur adverse.
Deuxième rupture : la possession n’est plus seulement un moyen de calmer un match. Elle devient une identité recherchée. La France a tourné autour de 62 % de possession sur les quatre premières rencontres de Zidane. La statistique ne garantit rien — le nul contre l’Italie l’a rappelé —, mais elle indique une volonté claire de garder le ballon et d’installer le jeu plus haut.
Devant, Ousmane Dembélé a été utilisé dans l’axe, Michael Olise à droite et Rayan Cherki dans des zones intérieures. L’objectif consiste à réunir les joueurs les plus techniques sans déséquilibrer le milieu. L’explosion d’Olise contre la Belgique, avec deux buts et une passe décisive après son entrée, a montré la puissance de ce réservoir.
Les statuts ne protègent plus autant qu’avant
Troisième rupture : Zidane a ouvert la porte à une nouvelle génération sans attendre une urgence absolue. Sept nouveaux joueurs ont été appelés au cours de cette première séquence, et six ont obtenu leur première sélection. Jérémy Jacquet, Lucas Da Cunha ou Esteban Lepaul ont découvert les Bleus pendant que N’Golo Kanté, symbole de l’ancienne époque, restait hors du groupe.
Ce renouvellement ne signifie pas que tous les jeunes sont déjà installés. Il montre que le sélectionneur veut évaluer vite et construire son propre équilibre. Même à l’entraînement, il s’implique directement dans certains exercices et teste des joueurs dans des rôles inhabituels, comme Andy Diouf dans une position plus reculée.
Le chantier reste immense. Sans Kylian Mbappé, blessé, l’attaque a parfois manqué de profondeur et de tranchant. La maîtrise du ballon n’a pas toujours produit suffisamment d’occasions. Et le renversement contre la Belgique doit beaucoup à la qualité du banc autant qu’au plan initial.
Mais le message est déjà lisible. Zidane ne cherche pas à imiter Deschamps avec un autre ton de voix. Il veut une équipe plus technique, plus haute et moins dépendante des transitions. Les résultats lui donnent du temps ; les choix, eux, ont déjà supprimé l’alibi de la continuité.
Passionné de sports mécaniques, Marc suit la Formule 1 et les grandes compétitions automobiles. Résultats, pilotes, écuries, coulisses et évolutions techniques : il décrypte une discipline où chaque détail peut faire la différence.

