Francis Joyon a été secouru après le chavirage de son trimaran, le 2 novembre. Le navigateur de 70 ans connaissait pourtant ce bateau depuis plus de trente ans. Il avait déjà vécu deux retournements à son bord. Avant le départ, il avait expliqué pourquoi il tenait malgré tout à repartir avec lui.
Le bateau de Francis Joyon ne représentait pas une découverte. L’ORMA de 60 pieds aujourd’hui baptisé Océans avait déjà accompagné une partie importante de sa carrière, sous les noms de Banque Populaire puis d’Eure-et-Loir. Le marin l’avait choisi pour sa neuvième Route du Rhum, disputée cette fois dans la catégorie Vintage Multi.
Le 2 novembre, son trimaran s’est retourné en mer Celtique alors qu’il menait sa catégorie. Joyon a été récupéré vers 23 heures par le cargo Maersk Colombus. L’organisation a indiqué qu’il allait bien. Ce nouvel accident s’ajoute à deux épisodes qu’il avait lui-même racontés avant de quitter Saint-Malo.
En 2002, il avait dérivé cinq jours avec la coque retournée
Dans un entretien accordé à AXA Passion et publié le 1er octobre, Joyon revenait sur un premier chavirage survenu lors de l’OSTAR 1996. Il occupait alors la tête de la course. Il expliquait avoir conservé trop de toile, malgré son avance.
Le deuxième accident avait eu lieu durant la Route du Rhum 2002, dans le golfe de Gascogne. Cette fois, il naviguait avec une voilure très réduite. Le marin racontait être resté cinq jours à dériver avec le bateau, qui s’enfonçait progressivement après que le mât avait endommagé des compartiments étanches.
Il expliquait alors n’avoir pas voulu abandonner un bateau qui n’était pas assuré. Ce récit concerne bien l’édition 2002 : il ne décrit pas les conditions de son sauvetage de novembre 2026.
Un choix assumé avant le départ
Malgré ces souvenirs, Joyon avait conservé un attachement profond à ce trimaran dessiné par Nigel Irens. Il rappelait aussi sa victoire dans la Transat anglaise 2000 et le plaisir de retrouver les performances de son ancien bateau.
Interrogé sur son appréhension, il répondait : « L’appréhension, c’est le garde-fou. » Il décrivait ensuite les précautions prises pour réagir rapidement aux rafales. Son engagement reposait donc sur une longue connaissance du bateau, sans nier le risque de chavirage.
Les circonstances exactes de l’accident du 2 novembre restent à établir. Ses deux précédents retournements ne permettent pas d’en déduire la cause. Ils donnent en revanche une autre dimension à cette participation : Joyon avait choisi de renouer avec un bateau qui lui avait offert une grande victoire, mais aussi deux des épreuves les plus difficiles de sa carrière.
Buzzsport.fr le numéro 1 du buzz sportif !
La rédaction de BuzzSport.fr vous offre le meilleur de l’information sportive au quotidien


