Stéphane Richard représente l’OM au quotidien. Joe Riley préside une autre instance, moins exposée mais essentielle : le conseil de surveillance. Ce financier, devenu président de McCourt Global en juillet 2026, a succédé à Jeff Ingram dans l’organigramme marseillais. Derrière les changements de visages, une constante apparaît : le propriétaire conserve ses relais au sommet du club.
Le départ d’Ingram, qui a démissionné le 19 août 2026 pour prendre sa retraite, a été révélé en octobre. Rien ne permet de le présenter comme une éviction provoquée par un conflit avec Richard. Shéhérazade Semsar-de Boisséson et Olivier de Vilmorin restent au conseil. Cette succession relève donc d’abord de la continuité. Mais la double fonction de Riley éclaire la manière dont les décisions marseillaises s’inscrivent dans l’ensemble des activités de Frank McCourt.
Deux présidences, deux niveaux de responsabilité
Le président du directoire porte la gestion opérationnelle. Le conseil de surveillance contrôle le directoire ; il ne compose pas l’équipe et n’organise pas les séances d’entraînement. Confondre les deux fonctions conduit pourtant à attribuer au dirigeant le plus visible une liberté qu’il ne possède pas forcément sur tous les dossiers.
Un président de club travaille avec un actionnaire, des objectifs et des limites. Son pouvoir ne se mesure pas au nombre d’interviews qu’il donne. Il se lit aussi dans les budgets autorisés, les engagements qu’il peut prendre et les décisions qu’il doit faire valider. La nomination de Riley ne prouve pas que Richard serait réduit à un rôle de façade. Elle rappelle qu’il existe un étage de contrôle au-dessus de la communication quotidienne.
Le financier connaît le propriétaire avant de connaître le vestiaire
Riley a rejoint McCourt Global en 2019, avant d’y exercer des responsabilités financières et opérationnelles. Sa biographie officielle décrit désormais un président chargé de conduire l’équipe dirigeante du groupe et ses entreprises. Il arrive donc à cette fonction marseillaise avec une connaissance du portefeuille de McCourt, pas avec le seul dossier football.
Cette proximité peut fluidifier les échanges. Elle peut aussi rappeler aux responsables sportifs qu’un besoin exprimé à Marseille sera examiné dans une logique plus large. Cela ne permet pas de prédire le montant du prochain mercato ; cela permet de comprendre qui représente les intérêts du propriétaire lorsque les arbitrages remontent.
En avril 2026, Richard avait présenté la stabilité comme une priorité. L’enjeu est de savoir comment cette ambition résiste aux responsabilités partagées : une direction doit pouvoir agir, tandis que l’actionnaire veut contrôler son investissement. L’OM n’a pas changé de propriétaire parce qu’un nouveau nom apparaît sur l’organigramme. Avec Riley, McCourt conserve surtout un homme qui connaît déjà sa méthode et ses exigences.
Passionné de sport et l’émotion qui l’accompagne. Journaliste. 2 finales de Ligue des champions à mon actif. Passionné de tennis. Parisien de naissance et de coeur !

