À Copenhague, l’OM a essuyé un revers qui ne figure dans aucun classement de Ligue 1. Stéphane Richard, président du club, a recueilli cinq voix sur 32 lors d’un vote au sein de l’European Football Clubs. Olivier Létang, patron de Lille, en a obtenu 27 et récupère le siège précédemment occupé par Pablo Longoria. Dans les coulisses européennes, Marseille vient de mesurer brutalement la distance entre sa notoriété et son influence électorale.
Le résultat du 29 septembre n’explique pas, à lui seul, tous les rapports de force du football continental. Une élection dépend de candidats, d’alliances et d’un contexte précis. Mais un écart de 22 voix est trop large pour être présenté comme un accident de parcours. Pour un club qui revendique une place majeure sur la scène européenne, perdre aussi nettement un siège associé à son précédent président est un signal politique réel.
Un siège perdu, une influence à reconstruire
L’European Football Clubs représente les intérêts des clubs auprès des instances et dans les discussions sur les compétitions. Son président, Nasser Al-Khelaïfi, est aussi celui du PSG. Cette double casquette rend l’épisode particulièrement piquant pour les supporters marseillais. Elle ne permet pas de prétendre qu’il aurait décidé le scrutin : les 32 votants ont exprimé un choix, et rien dans le résultat ne prouve une intervention personnelle du dirigeant parisien.
Le fait établi est plus simple et plus dur pour l’OM. Stéphane Richard n’a pas rassemblé au-delà d’un cercle réduit, tandis qu’Olivier Létang a obtenu une majorité écrasante. Le président lillois prend la place dans un espace où se discutent les intérêts du football de clubs. Marseille conserve son histoire et son audience, mais ne conserve pas automatiquement les relais qu’avait construits Pablo Longoria.
Le prestige du maillot ne vote pas
La tentation sera de ranger ce scrutin dans la catégorie des histoires de dirigeants, loin du terrain. Ce serait manquer l’enjeu. Le calendrier, la répartition des revenus et la place des clubs dans les nouvelles compétitions se décident aussi dans ces cercles. Une voix autour de la table ne marque aucun but, mais son absence peut compter longtemps.
Richard dispose encore de moyens pour construire des relations et défendre les intérêts de l’OM. Le vote ne constitue pas un verdict définitif sur sa présidence. Il lui impose toutefois un point de départ sans ambiguïté : Marseille ne peut pas compter sur son seul nom pour peser. Alors que les débats sportifs occupent déjà toute l’attention, le club vient de perdre une bataille de représentation. C’est discret pour le grand public ; dans le football européen, cela se voit.
Passionné de sports mécaniques, Marc suit la Formule 1 et les grandes compétitions automobiles. Résultats, pilotes, écuries, coulisses et évolutions techniques : il décrypte une discipline où chaque détail peut faire la différence.
