Quentin Folliot a accepté de l’argent pour perdre quatre rencontres, reconnaît-il dans un témoignage publié le 15 octobre. Le Français conteste toutefois avoir organisé un réseau de matchs truqués. Suspendu vingt ans, il a saisi le Tribunal arbitral du sport. Derrière ses aveux, c’est l’étendue de sa responsabilité qui reste disputée.
Quentin Folliot ne nie plus avoir participé à des rencontres arrangées. L’ancien 488e mondial, aujourd’hui âgé de 27 ans, reconnaît quatre défaites volontaires rémunérées. Mais il refuse le rôle d’organisateur qui lui est attribué. Son intervention publique introduit ainsi une distinction essentielle entre les faits qu’il admet et ceux qu’il continue de contester.
La sanction n’est pas nouvelle. L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis l’a annoncée le 11 décembre 2025. Le fait nouveau est cette prise de parole du joueur, qui expose sa version après avoir engagé un recours devant le Tribunal arbitral du sport.
Vingt ans de suspension et une facture à six chiffres
La décision disciplinaire prévoit vingt ans de suspension, une amende de 70 000 dollars et le remboursement de plus de 44 000 dollars provenant de paiements liés à la corruption. Les conséquences financières dépassent donc les seules sommes initialement perçues. À cela s’ajoute l’exclusion du circuit.
La période de suspension provisoire commencée en mai 2024 est déduite de la peine. Selon la décision annoncée, l’interdiction doit ainsi courir jusqu’au 16 mai 2044, sous réserve du règlement des montants dus. Elle concerne aussi l’encadrement et la présence dans les événements relevant des organisations couvertes par les règles de l’agence.
L’instance avait retenu 27 infractions liées à dix rencontres. Ce total ne se compare pas directement aux quatre matchs reconnus par Folliot : une même rencontre peut donner lieu à plusieurs manquements. Le dossier comprend notamment des faits de manipulation, des démarches auprès d’autres joueurs et des entraves à l’enquête.
Reconnaître des défaites ne signifie pas accepter toute l’accusation
Pour Folliot, l’enjeu de sa défense consiste à faire réexaminer le rôle qui lui a été attribué. L’agence l’a présenté comme une figure centrale du réseau ; lui conteste avoir organisé le système. Son témoignage ne vaut donc ni acquiescement à l’ensemble de la décision ni annulation de celle-ci.
Cette opposition détermine la portée de son recours. Il ne suffit pas d’exprimer des regrets pour obtenir une réduction de sanction : le désaccord porte sur les faits retenus et leur gravité.
L’affaire montre surtout le prix durable de l’argent obtenu en faussant une compétition. Même au-delà des amendes, une suspension aussi longue ferme les voies habituelles d’une carrière et de sa reconversion dans le tennis. C’est cette exclusion que Folliot tente désormais de faire réexaminer.
Passionné de sport et l’émotion qui l’accompagne. Journaliste. 2 finales de Ligue des champions à mon actif. Passionné de tennis. Parisien de naissance et de coeur !

