Toulon a réagi en battant le Racing 92 après la démission de Pierre Mignoni. Mais Gaël Fickou refuse de présenter le départ du directeur du rugby comme la solution à tous les problèmes. Ses déclarations replacent les joueurs au centre des responsabilités.
Le succès 29-15 contre le Racing 92, samedi à Mayol, a offert de l’air au RCT. Après une semaine agitée par le départ de Pierre Mignoni, les Toulonnais ont montré une réaction attendue. Ils n’ont pourtant pas transformé cette victoire en démonstration que le changement d’encadrement était indispensable.
Gaël Fickou a au contraire insisté sur son attachement à Mignoni, expliquant être venu à Toulon pour lui. Surtout, le centre a reconnu les insuffisances du groupe : « La vérité est que l’on n’a pas été à la hauteur. » Cette prise de parole limite la possibilité de faire porter toute la responsabilité des difficultés à l’homme parti.
Le départ de Mignoni ne peut pas servir d’explication permanente
Fickou évoque des progrès dans l’engagement, le jeu et la stratégie. Charles Ollivon, lui, ne parle pas de révolution, mais d’une mise à plat nécessaire. Les joueurs décrivent donc d’abord une réaction collective, davantage qu’une transformation complète du rugby toulonnais.
Cette distinction compte pour Franck Azéma, désormais aux commandes. Il dispose d’un premier résultat positif, mais devra obtenir la même implication lorsque l’émotion de la semaine sera retombée. Une équipe ne peut pas attendre une crise pour retrouver son intensité.
Teddy Baubigny a également souligné combien le départ de Mignoni avait touché le groupe. Le talonneur a même indiqué ne pas considérer cette issue comme la solution. Ces propos rendent difficile toute lecture présentant le vestiaire comme unanimement soulagé.
Azéma possède un match de référence, pas une garantie
La rencontre contre le Racing fournit néanmoins des éléments concrets. Toulon a résisté pendant ses périodes d’infériorité numérique et a retrouvé suffisamment de maîtrise pour gagner. Le résultat permet de regarder à nouveau vers les places qualificatives, sans effacer le retard accumulé.
L’exigence suivante concerne la répétition. Azéma pourra s’appuyer sur ce match pour demander le même niveau d’engagement et comparer les prestations à ce que ses joueurs viennent de produire. Il ne s’agit plus de leur montrer une intention théorique : ils ont déjà démontré qu’ils pouvaient répondre.
La concurrence interne pourrait également s’en trouver renforcée. Les joueurs qui maintiendront cette implication auront des arguments pour conserver leur place, indépendamment de leur réputation. Aucune nouvelle hiérarchie définitive n’est annoncée, mais le cadre est posé.
La victoire a arrêté l’urgence. Les prochains matches diront si le RCT a réellement changé ses habitudes. Après les paroles de Fickou, les joueurs pourront difficilement laisser cette question aux seuls entraîneurs.
Passionné par le sport et ses grandes histoires, Philippe couvre une actualité volontairement éclectique. Des grands événements aux performances individuelles, il s’intéresse autant aux résultats qu’aux acteurs et aux récits qui font vivre le sport.


