Pierre Mignoni a démissionné, mais le président de Toulon refuse de faire de l’entraîneur le principal responsable. Bernard Lemaître a directement mis en cause ses joueurs. Son reproche dépasse largement les défaites du début de saison. Il estime que le vestiaire a perdu les personnalités capables de le tenir.
Le départ de Pierre Mignoni n’a pas calmé Bernard Lemaître. Annoncée le 6 octobre après la démission du directeur du rugby, la séparation a été accompagnée d’une prise de parole particulièrement sévère du président toulonnais. Devant les joueurs, il leur a reproché de « faire joujou » et a contesté leur comportement professionnel.
Lemaître assure avoir tenté de retenir Mignoni. Il considère que les joueurs ont une responsabilité dans son départ, après un début de saison marqué par quatre défaites en cinq rencontres. Cette accusation est celle du président : elle ne démontre pas l’existence d’une révolte organisée contre l’entraîneur.
Parisse et Bastareaud reviennent dans la discussion
Le dirigeant ne s’arrête pas aux mauvais résultats. Dans ses explications, il décrit un manque d’exigence collective qui aurait régulièrement affecté le club. Il oppose cette situation à certaines périodes plus réussies, notamment lors de la victoire en Challenge Cup en 2023.
Lemaître cite Sergio Parisse, Mathieu Bastareaud et Charles Ollivon parmi les joueurs qui entraînaient alors leurs partenaires dans leur sillage. Il met en avant leur personnalité et leur capacité à peser sur le groupe. Pour le vestiaire actuel, son diagnostic est beaucoup moins favorable.
Le président ne désigne toutefois pas publiquement une liste de coupables. Il évoque des leaders qui ne le seraient plus, d’autres qui ne le seraient pas encore. Sa critique engage ainsi tout le collectif sans permettre d’attribuer à un joueur précis la responsabilité du départ de Mignoni.
Azéma récupère aussi le problème du vestiaire
Franck Azéma prend les commandes d’un groupe dont le président vient de contester l’engagement. Son travail ne se limitera donc pas à modifier une organisation de jeu. Il devra également identifier les joueurs capables de porter ses décisions et de rétablir une exigence partagée.
Lemaître attend une réponse collective, plutôt qu’une addition de performances individuelles. Mais son constat pose aussi une question à la direction : si Toulon manque de leaders, leur départ, leur remplacement et la construction du groupe relèvent également des choix du club.
Changer d’entraîneur ne suffira pas à régler ce point. Azéma devra trouver ses relais dans le vestiaire, tandis que le président devra préciser sur quels joueurs il compte pour les installer durablement.
Passionné de sports mécaniques, Marc suit la Formule 1 et les grandes compétitions automobiles. Résultats, pilotes, écuries, coulisses et évolutions techniques : il décrypte une discipline où chaque détail peut faire la différence.

