Bleus : Ronaldo claque la porte, Zidane refuse de lâcher son ancien roi

Interrogé dimanche 4 octobre sur le départ de Cristiano Ronaldo du rassemblement portugais, Zinedine Zidane a répondu par un hommage. Le sélectionneur français rappelle ce que son ancien attaquant lui a fait gagner au Real Madrid. Son soutien personnel est clair ; son jugement sur le conflit avec Jorge Jesus l’est beaucoup moins.

Avant France–Belgique, une question venue du Portugal a donc ramené Zidane à ses années madrilènes. Ronaldo a quitté sa sélection dans un contexte de tensions autour de son utilisation. Son avenir international alimente les discussions. Zidane, lui, a choisi de parler de respect et de carrière, avec une reconnaissance qu’il n’a pas cherché à atténuer.

« Chapeau Cristiano », sans procès du sélectionneur

Les mots sont simples. Zidane rappelle sa chance d’avoir travaillé avec le Portugais et les titres gagnés grâce à lui. Son « Chapeau Cristiano » traduit une fidélité compréhensible après leur histoire commune. Ensemble, l’entraîneur et l’attaquant ont notamment remporté trois Ligues des champions consécutives avec le Real.

Il serait cependant trompeur de faire de cet hommage une attaque contre Jorge Jesus. Zidane n’a pas exposé les détails du différend, ni affirmé que le sélectionneur portugais avait tort de laisser Ronaldo sur le banc. Il s’est placé sur le terrain de la reconnaissance personnelle.

Cette nuance compte dans une affaire où chaque phrase peut devenir une prise de parti spectaculaire. Soutenir un homme pour ce qu’il a accompli et approuver toutes ses décisions sont deux démarches différentes. Le discours de Zidane permet d’établir la première ; il ne suffit pas à démontrer la seconde.

Le poids des légendes arrive aussi chez les Bleus

La question dépasse pourtant les relations entre anciens du Real. Un sélectionneur doit décider qui joue, y compris lorsque le nom sur le maillot pèse lourd. L’affaire Ronaldo rappelle combien la sortie d’un très grand joueur peut devenir explosive si ses attentes et celles du staff cessent de coïncider.

Zidane découvre désormais cette responsabilité à la tête de la France. Son groupe réunit des joueurs déjà installés et des nouveaux venus qui veulent gagner leur place. Chaque arbitrage doit servir l’équipe tout en étant expliqué à des personnalités dont les carrières ont forgé des convictions fortes.

Il n’y a aucune raison d’inventer un conflit similaire chez les Bleus. Mais la conférence de dimanche révèle la sensibilité de Zidane à cette dimension humaine. Face à un ancien champion contesté, il commence par rappeler la dette qu’il estime avoir envers lui. Le geste est élégant. Il laisse entière la question la plus difficile pour tous les sélectionneurs : à quel moment la gratitude doit-elle céder devant le choix sportif ?