XV de France : Meafou perd son automne, Galthié accuse le plaquage

Emmanuel Meafou a été opéré du genou et manquera plusieurs mois. Pour Fabien Galthié, la perte dépasse le seul casse-tête d’une prochaine composition : le sélectionneur estime que le geste qui a blessé le deuxième ligne toulousain était illégal et réclame une meilleure protection des joueurs. Sa colère, exprimée après l’annonce du diagnostic, met le rugby devant une question gênante : combien de blessures accepte-t-on comme de simples accidents du jeu ?

Une fin de match qui coûte un automne

Meafou s’est blessé sur l’une des dernières actions du match du Stade toulousain contre Vannes, le 19 septembre. Le club a annoncé une atteinte au ligament latéral externe du genou gauche, puis une intervention chirurgicale. La durée annoncée se compte en mois. Pour le XV de France, cela signifie que le puissant deuxième ligne ne pourra pas participer aux rendez-vous de novembre.

Galthié a exprimé sa colère le 26 septembre dans le Canal Rugby Club. Il considère le plaquage en cause comme illégal et a demandé que les joueurs soient mieux protégés. Il faut être précis sur ce point : c’est l’appréciation du sélectionneur. Aucune sanction disciplinaire établie ici ne permet de présenter l’illégalité comme un verdict officiel. Sa réaction n’en a pas moins un poids particulier, parce qu’elle vient de l’homme qui doit composer avec la blessure.

Une plainte qui engage aussi le rugby français

La question ne concerne pas seulement l’auteur du geste. Le rugby professionnel demande des collisions répétées à des joueurs toujours plus puissants et sollicite les internationaux sur plusieurs fronts. Dans ce cadre, une blessure en club devient immédiatement un problème pour la sélection. Galthié peut légitimement réclamer davantage de vigilance arbitrale ; le sport doit aussi regarder la charge qu’il impose à ses propres joueurs.

À Toulouse, Meafou manquera une partie importante de la saison. Chez les Bleus, son absence retire un profil rare, capable de peser en mêlée et dans les zones de contact. Trouver un remplaçant ne reviendra pas à cocher un nom sur une liste. Il faudra adapter une partie du rapport de force prévu devant.

La blessure date de dix jours, mais la controverse a pris corps avec l’opération et la prise de parole du sélectionneur. Galthié n’a pas lancé une formule pour faire le spectacle. Il a désigné un geste, perdu un joueur majeur et demandé des comptes. Reste à savoir si cette colère débouchera sur autre chose qu’une discussion avant le prochain coup d’envoi.