Dix ans après son arrivée, Frank McCourt reste confronté au même problème : financer l’OM ne garantit ni les trophées ni le remboursement de son investissement. Les estimations publiées à l’occasion de cet anniversaire évoquent environ 800 millions de dollars injectés. Une somme qui ne constitue pourtant pas un prix de vente.
L’OM peut avoir davantage de recettes, une marque plus forte et un propriétaire toujours très loin de retrouver les sommes engagées. C’est la contradiction centrale du bilan McCourt. Les investissements accumulés depuis 2016 disent ce que Marseille a coûté à l’Américain. Ils ne disent pas ce qu’un acquéreur accepterait de lui payer pour reprendre le club et financer la suite.
Les revenus ont progressé, la dépendance demeure
Les chiffres rapportés pour cette décennie font apparaître une progression sensible de l’activité. Les revenus seraient passés de 110,8 millions d’euros en 2015-2016 à 188,7 millions en 2024-2025, soit environ 70 % de hausse. La billetterie et les partenariats commerciaux ont également progressé. L’OM dispose donc d’arguments pour défendre son attractivité.
Mais un chiffre d’affaires ne représente pas un bénéfice. Un club peut vendre davantage de billets, attirer de nouveaux sponsors et continuer à dépenser plus qu’il ne gagne. Lorsque les charges absorbent les recettes supplémentaires, l’actionnaire reste sollicité. La croissance commerciale ne règle alors qu’une partie du problème.
Cette distinction pèse lourd dans le jugement porté sur McCourt. Ses apports ont permis au club de fonctionner et de soutenir ses ambitions. Ils n’ont pas créé une garantie de rentabilité. Sur le terrain, l’absence de trophée sous sa présidence nourrit parallèlement la frustration de supporters auxquels le projet initial promettait de retrouver les sommets.
Le prix d’une vente dépendrait surtout de la facture suivante
Les informations récentes évoquant une éventuelle ouverture de McCourt à une cession reposent sur l’appréciation d’interlocuteurs du football français. Elles ne valent pas annonce de vente. Aucune transaction n’a été officialisée, tandis que son entourage continue d’affirmer son engagement envers Marseille.
Un acheteur potentiel examinerait d’abord ce qu’il faudrait remettre après l’acquisition : besoins de financement, engagements contractuels, capacités commerciales et perspectives sportives. L’argent dépensé par le vendeur appartient au passé. Le repreneur doit, lui, calculer ce que lui coûterait l’avenir.
C’est ce qui rend le dossier marseillais plus compliqué qu’une addition de centaines de millions. McCourt peut considérer que son effort mérite un prix élevé ; un investisseur peut estimer que cet effort révèle surtout la difficulté à équilibrer le modèle.
Pour mieux valoriser l’OM, le propriétaire doit donc démontrer que le club peut devenir moins dépendant de ses versements. Continuer à payer augmente son engagement financier. Cela n’augmente pas automatiquement le montant du chèque qu’il pourrait recevoir.
Passionné de football, Mathieu s’intéresse particulièrement aux performances, aux statistiques et aux évolutions tactiques. Il décrypte l’actualité des clubs et des joueurs avec une attention particulière portée au jeu et aux tendances du football moderne.


