Griezmann sur le banc : Les 40 millions qui avaient changé les choix de Simeone

Antoine Griezmann entrait, presque toujours, après l’heure de jeu. À l’automne 2022, cette habitude de Diego Simeone ne s’expliquait pas uniquement par le football. Le Français se retrouvait au milieu d’un bras de fer financier entre l’Atlético et le Barça. Quatre ans après l’accord officialisé le 10 octobre 2022, cet épisode reste un cas spectaculaire de contrat capable de peser sur une composition d’équipe.

Griezmann avait retrouvé l’Atlético pendant l’été 2021, deux ans après son départ pour Barcelone. L’opération prenait la forme d’un prêt, avec une deuxième saison possible et une obligation d’achat. Le Barça l’avait indiqué dans son communiqué, sans publier les conditions détaillées de déclenchement.

Un an plus tard, ces conditions occupaient pourtant une place centrale dans les débats. Le champion du monde était disponible, participait aux rencontres et restait capable de faire la différence. Mais ses apparitions étaient souvent réduites à une trentaine de minutes.

Le chronomètre avait une valeur financière

Selon les modalités rapportées à l’époque, l’Atlético devait payer 40 millions d’euros si Griezmann disputait plus de 45 minutes dans au moins la moitié des matchs pour lesquels il était disponible sur la période concernée. Le calcul portait donc sur un ensemble de rencontres, pas sur une seule entrée en jeu.

En utilisant le Français après la 60e minute, le club madrilène pouvait faire évoluer ce pourcentage sans renoncer complètement à son attaquant. Cette gestion permettait aussi de maintenir la pression dans les négociations avec Barcelone. Griezmann avait ainsi le statut d’un joueur important, mais un temps de jeu soumis à des considérations qui dépassaient son rendement.

La situation n’avait rien d’une interdiction absolue de titularisation : il avait notamment débuté contre le Real Madrid et Bruges. Elle avait néanmoins installé une étrange routine autour de son entrée.

Un accord à 20 millions pour sortir de l’impasse

Les deux clubs ont finalement négocié un transfert définitif. Le montant annoncé était de 20 millions d’euros, auxquels pouvaient s’ajouter quatre millions de bonus. L’Atlético a officialisé l’accord le 10 octobre 2022 et lié Griezmann au club jusqu’en juin 2026.

La veille, Joan Laporta avait défendu l’opération devant les représentants des socios. Le président barcelonais insistait notamment sur le coût qu’aurait représenté le retour du joueur et sur les difficultés d’un éventuel contentieux.

Pour Griezmann, l’effet était beaucoup plus concret : ses minutes n’avaient plus à alimenter le calcul d’une obligation d’achat. Les clubs avaient trouvé leur prix. Simeone pouvait retrouver toute sa liberté pour choisir son onze.