LOSC : 26,6 millions à régler avant le grand pari du stade

Lille prépare une opération qui pourrait lui donner davantage de contrôle sur les revenus de Pierre-Mauroy. Mais le club doit aussi solder un lourd contentieux de loyers. Les 26,6 millions d’euros annoncés concernent cette dette, pas le prix du rachat de l’exploitation.

Le LOSC pourrait bientôt changer de rôle à Pierre-Mauroy. Selon les informations publiées sur le dossier, le club prépare le rachat de l’exploitation du stade, aujourd’hui assurée par Elisa, une filiale d’Eiffage. Parallèlement, un accord de remboursement avec la Métropole européenne de Lille aurait été adopté vendredi 9 octobre. Deux opérations liées au même équipement, mais dont les conséquences financières doivent être distinguées.

Le montant rapporté atteint 26,6 millions d’euros : 24,8 millions de loyers impayés et 1,8 million d’intérêts. Il correspond au règlement du différend entre le club et la collectivité. L’adoption d’un accord ne permet pas, à elle seule, d’affirmer que l’intégralité de cette somme a déjà été versée.

Solder le passé avant de gérer davantage

Cette première étape doit permettre de sortir d’une relation marquée par plusieurs années de désaccord sur les loyers. Elle traite une obligation passée. Le projet concernant Elisa porte, lui, sur la manière dont le stade sera exploité à l’avenir, dans le cadre d’un contrat courant jusqu’en 2043.

L’enjeu dépasse donc l’utilisation de l’enceinte pour les seuls matchs du LOSC. Une exploitation comprend aussi une activité événementielle, avec ses recettes potentielles et ses dépenses. Racheter cette activité ne revient pas à acheter les murs du stade : c’est prendre en charge un ensemble de droits et d’obligations.

Des recettes possibles, des charges à assumer

Pour Lille, l’intérêt serait de mieux maîtriser un outil central de son économie. Les espaces d’accueil, les prestations commerciales et les événements peuvent offrir des ressources complémentaires aux revenus sportifs. Leur développement pourrait rendre le club moins dépendant d’une seule saison réussie ou d’une vente de joueur.

Mais cette perspective ne constitue pas encore un bénéfice acquis. Le résultat dépendra du prix de l’opération, des charges reprises et de la capacité à développer l’activité. Un chiffre d’affaires supplémentaire n’est pas automatiquement de l’argent disponible pour recruter.Il serait donc prématuré de transformer les 26,6 millions annoncés en manque à gagner précis pour le prochain mercato. Le véritable sujet est plus durable : le LOSC veut gagner du contrôle sur son stade, mais devra démontrer que cette responsabilité supplémentaire améliore effectivement ses comptes.