Privée de Giro pour une place, Bardiani doit encore convaincre ses sponsors

Bardiani-CSF 7 Saber a terminé 31e du classement par équipes. Il fallait entrer dans les trente premières pour pouvoir recevoir une invitation au Giro 2027. Son patron Bruno Reverberi s’en est pris à l’UCI fin octobre. Dans le même temps, sa formation continue de recruter des coureurs pour la saison où elle va perdre sa meilleure vitrine.

À Sestola, en 2016, Giulio Ciccone avait gagné une étape du Giro sous le maillot Bardiani. Pour une équipe italienne de ce niveau, pareille journée donne un visage à un jeune coureur et place ses partenaires au premier plan sur leur propre marché. Onze ans plus tard, même un organisateur convaincu du potentiel d’un nouveau Ciccone ne pourrait offrir à cette équipe la même chance. Sa 31e place la laisse hors des formations éligibles à une invitation.

Le Giro a échappé à Bardiani entre la Serbie et la Chine

La bataille s’est jouée jusqu’aux dernières épreuves qui comptaient pour le classement 2026. Filippo Magli a gagné la dernière étape du Tour de Serbie. Bardiani a également pris des points à la Veneto Classic. Pendant ce temps, Picnic PostNL pouvait alimenter son total au Tour du Guangxi. Les résultats italiens et serbes ont laissé l’équipe de Reverberi du mauvais côté de la limite.

La colère du dirigeant porte sur cette mécanique. Pour espérer vendre à un sponsor trois semaines de visibilité en Italie, sa formation doit auparavant trouver les moyens de courir après des points sur plusieurs fronts. La dépense intervient avant que l’équipe sache si elle pourra proposer le Giro à ses partenaires. Et même une 30e place lui aurait seulement ouvert la possibilité de recevoir une invitation.

Un champion d’Autriche a déjà signé pour 2027

Le discours très sombre de Reverberi sur l’avenir de sa structure coexiste avec une décision particulièrement concrète. Le 27 octobre, Bardiani a annoncé le recrutement d’Alexander Hajek, champion d’Autriche sur route en 2024, en provenance de Red Bull-Bora-Hansgrohe. Des coureurs préparent donc bien la saison 2027 avec cette équipe. Les propos de son patron expriment une menace économique, sans constituer une annonce de fermeture.

C’est entre ces deux réalités que se trouve la difficulté des prochaines négociations. Bardiani possède des coureurs, un calendrier à construire et une histoire qui a déjà produit des vainqueurs d’étape. Mais lorsqu’un partenaire italien demandera où il pourra voir son logo pendant les trois semaines de son tour national, Reverberi devra lui proposer une autre course. Une seule place au classement a changé le contenu de cette conversation.