Ugo Mola demande aux joueurs de prendre eux-mêmes position sur leur santé. Dans un entretien à Midi Olympique, le manager toulousain conteste aussi la réponse réglementaire envisagée par la Ligue. Le désaccord porte sur la manière de protéger les rugbymen sans reporter la charge sur leurs partenaires.
Antoine Dupont ne doit pas parler pour tout le rugby. C’est l’un des messages d’Ugo Mola dans son entretien à Midi Olympique, publié le 29 octobre. Confronté à une accumulation d’absences à Toulouse, le manager estime que les joueurs doivent davantage intervenir dans les discussions sur leur charge de travail. Leur exposition dépasse, selon lui, ce qu’un simple décompte des rencontres peut mesurer.
Cette prise de position intervient alors que la Ligue nationale de rugby travaille sur le suivi de 33 internationaux identifiés avec le sélectionneur. Son président, Yann Roubert, avait détaillé cette démarche la veille, également dans Midi Olympique.
Protéger les internationaux sans surcharger les autres
Mola soulève une difficulté concrète pour les clubs : si certains joueurs bénéficient d’une gestion particulière, leurs partenaires ne peuvent pas absorber indéfiniment les efforts supplémentaires. Il refuse donc d’opposer la protection des internationaux français à l’utilisation plus intensive du reste de l’effectif.
L’entraîneur insiste aussi sur les différences entre les joueurs. Un même nombre de rencontres ne représente pas nécessairement la même contrainte selon le poste, l’âge ou les blessures déjà subies. À ses yeux, les périodes de récupération et de préparation entre les saisons doivent occuper une place centrale.
Son analyse est celle d’un entraîneur engagé dans ce débat. Elle ne permet pas d’attribuer chaque blessure à une cause unique. Elle pose en revanche la question de ce que les clubs peuvent réellement organiser lorsque les compétitions s’enchaînent.
La Ligue défend son étude, mais ouvre une porte sur les remplacements
Yann Roubert partage le constat qu’une amélioration est nécessaire. Il défend le travail scientifique mené sur les 33 joueurs suivis pour déterminer les dispositions à prendre. Le président de la LNR n’envisage cependant pas de modifier le format du Top 14, qui occupe 29 dates.
Il se montre plus ouvert sur d’autres paramètres. La réduction de douze à huit changements par match, décidée pour s’aligner sur la réglementation internationale, doit notamment être surveillée. Roubert se dit prêt à adapter cette règle si un lien avec une augmentation des blessures est constaté.
Le désaccord dépasse donc la seule question de supprimer des matchs. Il engage la gestion des effectifs, les possibilités de remplacement et la répartition des efforts. Pour les joueurs, la prochaine étape sera de peser sur ces arbitrages avant que les nouvelles protections ne soient définies.
Passionné par le sport et ses grandes histoires, Philippe couvre une actualité volontairement éclectique. Des grands événements aux performances individuelles, il s’intéresse autant aux résultats qu’aux acteurs et aux récits qui font vivre le sport.


