Atteindre le dernier carré n’aurait pas suffi à rendre le Mondial rentable pour la FFF. Philippe Diallo affirme que la participation française s’est soldée par un résultat négatif. Son offensive contre la FIFA pose aussi une question : quelle part relève des dotations et quelle part dépend des dépenses engagées ?
La performance sportive ne garantit pas un bénéfice financier. Le 15 octobre, à l’issue du comité exécutif fédéral, Philippe Diallo a contesté la répartition des revenus de la Coupe du monde 2026. Selon le président de la FFF, la France a perdu de l’argent sur sa participation malgré sa présence en demi-finale. Le montant précis de cette perte n’a pas été détaillé dans les déclarations rapportées.
Une alerte lancée avant le départ
Le risque était connu avant le tournoi. Dans un entretien accordé à L’Équipe le 4 juin, Diallo expliquait déjà qu’il fallait un parcours très long pour équilibrer l’opération. Les demi-finales constituaient, dans son discours, un minimum plutôt qu’une garantie de bénéfice.
La qualification dans le dernier carré assurait pourtant une dotation importante. En juillet, une estimation publiée faisait état d’au moins 27 millions de dollars pour une quatrième place, auxquels s’ajoutaient 2,5 millions destinés à la préparation. Ces montants représentaient des recettes brutes, avant prise en compte des dépenses de la délégation.
Hébergement, transports, sécurité, primes des joueurs et du staff ou achats de places : plusieurs postes devaient être financés. Le résultat final dépend donc à la fois des sommes versées par la FIFA et du coût de l’organisation française. Sans ventilation complète, il reste impossible d’attribuer la perte annoncée à un seul de ces facteurs.
Diallo réclame une autre répartition
Le président fédéral vise principalement le partage des recettes. Il estime que les nations participantes n’ont reçu que 7 % des revenus du Mondial, contre 50 % pour les clubs lors de la Coupe du monde des clubs. Ces proportions sont celles qu’il avance pour défendre une augmentation des dotations.
Il souhaite également que la redistribution tienne davantage compte du poids sportif et de la contribution des fédérations. Cette position ouvrirait un débat avec les pays qui bénéficient du système actuel : modifier les critères reviendrait à changer les bénéficiaires et les montants.
La perte liée au Mondial ne signifie toutefois pas que tous les comptes fédéraux sont déficitaires. La FFF a présenté séparément un bénéfice net de 4,1 millions d’euros pour l’exercice 2025-2026. Pour comprendre le bilan de la compétition, il manque encore le rapprochement détaillé entre ses recettes et ses dépenses.
Journaliste passionné par l’univers du sport et ses enjeux économiques, François suit particulièrement l’actualité du football et du mercato. Transferts, tendances, chiffres et coulisses des clubs : il décrypte les mouvements qui animent le marché.

