Ousmane Dembélé possède le prestige d’un Ballon d’Or et, au PSG, le statut d’attaquant capable de changer un match. Sous Zinédine Zidane, son installation dans l’axe avec l’équipe de France a pourtant laissé une question ouverte : le meilleur rôle du joueur en club est-il forcément le meilleur rôle pour les Bleus ? Après le rassemblement achevé le 5 octobre 2026, ce débat dépasse largement la note d’un soir ou une occasion manquée. Il touche à la hiérarchie offensive que le nouveau sélectionneur veut construire.
Zidane a essayé Dembélé en numéro neuf, notamment lors des rencontres face à la Turquie et à l’Italie, puis l’a utilisé contre la Belgique. Le choix possède une logique : mobilité, capacité à décrocher et à créer de l’espace pour les joueurs lancés autour de lui. Il reproduit une partie du travail demandé par Luis Enrique à Paris. Mais une sélection ne dispose ni du même temps d’entraînement ni des mêmes automatismes qu’un club. Transposer un poste ne suffit donc pas à reproduire les circuits qui le rendent efficace.
Un statut qui complique le débat
Le palmarès individuel de Dembélé peut pousser à deux excès opposés. Le premier consiste à l’exempter de toute critique parce qu’il a déjà prouvé son niveau ailleurs. Le second réduit quatre matches inégaux à la preuve qu’il ne peut pas jouer dans l’axe. Aucun des deux ne rend service à Zidane. Jérôme Rothen a jugé les prestations du joueur insuffisantes et reproché au sélectionneur, ainsi qu’à Luis Enrique, de trop le protéger publiquement. C’est l’avis d’un consultant, pas la preuve d’une complaisance interne.
Le débat sportif reste plus intéressant que la querelle de communication. Avec Dembélé au centre, les déplacements de Michael Olise, Désiré Doué ou Bradley Barcola deviennent décisifs. Si les partenaires ne profitent pas des espaces qu’il ouvre, son influence semble moins visible. Si lui-même ne pèse pas assez dans la surface, le dispositif manque de point de fixation. Il faut mesurer les deux dimensions, pas seulement compter les buts.
Mbappé oblige Zidane à choisir une idée
Le retour de Kylian Mbappé dans l’équation rend l’arbitrage encore plus sensible. Le capitaine peut occuper l’axe ou partir de la gauche ; chaque option redistribue les places et modifie la fonction de Dembélé. Zidane doit décider s’il bâtit autour d’un avant-centre mobile, d’un finisseur identifié ou d’une alternance assumée. Ce choix aura des conséquences pour les autres attaquants, même ceux qui n’ont rien démérité.
Il ne s’agit pas de réclamer une éviction spectaculaire. Dembélé reste un joueur majeur. Mais son trophée individuel ne peut pas régler, à lui seul, une question collective. Le vrai test de Zidane sera de définir un rôle qui serve les Bleus, puis de l’évaluer avec la même exigence que tous les autres.
Passionné de football, Mathieu s’intéresse particulièrement aux performances, aux statistiques et aux évolutions tactiques. Il décrypte l’actualité des clubs et des joueurs avec une attention particulière portée au jeu et aux tendances du football moderne.


