OM : derrière la victoire, ce naufrage individuel que personne ne peut maquiller

L’OM a gagné 2-0 à Troyes et mis fin à une série de cinq défaites. Pourtant, au milieu du soulagement, un dossier brûle déjà : Angel Gomes est passé au travers d’un match où Marseille avait justement besoin d’un patron. Une victoire peut effacer une crise au classement. Elle ne transforme pas une prestation fantôme en copie acceptable.

Le score raconte un succès propre, avec un but d’Amine Harit à la 50e minute et un penalty d’Himad Abdelli au bout du temps additionnel. Le contenu dit autre chose. Cinq tirs, seulement deux cadrés et 0,47 but attendu : Marseille n’a pas renversé Troyes par une domination totale. L’équipe a surtout su profiter de deux moments, puis protéger un avantage qui lui permet de remonter à la treizième place.

Angel Gomes devait éclairer, il a disparu

Dans ce type de rencontre, le meneur n’est pas jugé uniquement sur une passe décisive ou une frappe. Il doit donner le tempo, offrir des angles et empêcher le bloc de s’étirer. Gomes n’a pas réussi à imposer cette influence. Trop discret entre les lignes, peu mordant dans les trente derniers mètres, il a laissé Harit porter la création et les jeunes joueurs apporter l’énergie.

Les notes publiées après la rencontre ont traduit ce malaise. Le milieu anglais a figuré parmi les Marseillais les plus sévèrement évalués, autour de 3 sur 10 dans plusieurs lectures du match. Ce chiffre n’est pas un verdict définitif, mais il correspond à l’impression visuelle : l’OM a obtenu ce dont il avait besoin sans recevoir ce qu’il attendait de son supposé organisateur.

Le contraste est d’autant plus gênant que Kelyann Bezahaf et Nouhoum Kamissoko ont profité de la soirée pour bousculer la hiérarchie. Leur culot a donné du relief à une équipe encore crispée. Gomes, lui, a semblé jouer avec le frein à main, comme si la peur de perdre le ballon avait pris le dessus sur l’envie de faire mal.

La victoire offre un sursis, pas un passe-droit

Marseille avait absolument besoin de rompre la spirale. C’est fait, et personne ne retirera les trois points. Mais l’Europe arrive avec l’Olympiakos et le niveau d’exigence va monter. Un milieu qui produit aussi peu ne pourra pas se cacher derrière le résultat, surtout si l’adversaire presse plus haut et oblige l’OM à ressortir proprement.

Le cas Gomes résume le paradoxe marseillais : l’équipe respire, mais elle n’est pas guérie. Son talent n’est pas en cause. Sa capacité à prendre le match à son compte, oui. La prochaine composition dira si le staff considère Troyes comme un accident individuel ou comme un avertissement. À l’OM, le soulagement dure rarement plus de trois jours.