Seixas : son premier Monument impose déjà un choix pour 2027

Paul Seixas a remporté le Tour de Lombardie à 20 ans. Le Français a aussi expliqué avoir renoncé aux Championnats d’Europe pour préparer ce rendez-vous. Derrière l’exploit, une question se précise pour son équipe : quels objectifs privilégier quand son leader devient capable de gagner les plus grandes courses ?

Le premier Monument de Paul Seixas ne constitue pas seulement une nouvelle ligne dans un palmarès. Sa victoire du 10 octobre en Lombardie valide également une préparation ciblée. Après sa déception dans la course en ligne des Mondiaux, le Français a choisi de concentrer ses efforts sur ce dernier grand rendez-vous routier.

Il l’a expliqué après l’arrivée : son absence aux Championnats d’Europe répondait à la volonté d’être prêt en Italie. Impossible d’affirmer que ce renoncement a, à lui seul, produit la victoire. Mais le choix et le résultat posent une base concrète pour réfléchir à son programme futur.

Gagner davantage peut obliger à courir moins

Seixas a fait la différence dans le Civiglio avant de poursuivre seul jusqu’à Côme. Son équipe a confirmé qu’il s’agissait aussi du premier Monument de son histoire. Le succès engage donc autant le coureur que la structure construite autour de lui.

La tentation sera forcément grande de multiplier les ambitions. Deuxième de Liège-Bastogne-Liège au printemps et quatrième du Tour de France, Seixas a déjà montré qu’il pouvait jouer les premiers rôles sur des terrains différents. Sa victoire en Lombardie élargit encore la liste des courses sur lesquelles il sera attendu.

Mais un calendrier ne peut pas devenir une addition de rendez-vous prioritaires. Chaque objectif demande une préparation, de la récupération et des équipiers disponibles. Le précédent italien donne à son encadrement un argument pour défendre des choix sélectifs, même lorsqu’ils impliquent de manquer une compétition importante.

Le duel avec Pogacar reste à construire

L’absence de Tadej Pogacar en Lombardie doit aussi rester présente dans l’analyse. Seixas a dominé les coureurs qui étaient au départ ; il n’a pas battu le Slovène ce jour-là. Transformer cette victoire en preuve d’une supériorité nouvelle reviendrait à annoncer un duel qui n’a pas eu lieu.

Le Français lui-même a refusé de se classer automatiquement comme le deuxième meilleur coureur du monde. Cette réserve permet de fixer un objectif plus précis : reproduire des performances de ce niveau lorsque tous les principaux adversaires sont présents.

Pour Decathlon CMA CGM, le prochain choix ne consiste donc pas simplement à viser plus haut. Il faudra déterminer où concentrer les moyens pour donner à Seixas les meilleures chances de gagner. La Lombardie vient de montrer qu’un objectif soigneusement préparé pouvait rapporter un Monument ; le programme 2027 devra décider combien de fois ce modèle peut être reproduit.