Jake Connor n’ira pas au Mondial de rugby à XIII avec l’Angleterre. Le joueur de Leeds, élu Man of Steel en 2025, manque la liste annoncée lundi 5 octobre. Brian McDermott assume un choix lié au plan de jeu. Pour une équipe qui affrontera la France le 24 octobre, cette absence pose déjà une question sur les qualités qu’elle veut privilégier.
Le palmarès individuel n’a pas suffi. Connor figurait parmi les candidats attendus après une bonne saison avec Leeds, mais le sélectionneur a choisi d’autres options pour composer son groupe de vingt-trois. Selon ses explications rapportées par la BBC, l’écart était faible. La décision a porté sur les joueurs jugés les plus aptes à appliquer le projet offensif anglais. Une justification sportive, qui n’en adoucit pas forcément la portée pour l’intéressé.
Le talent ne garantit plus la place
Connor avait déjà manqué la série contre l’Australie l’automne précédent. Cette nouvelle absence lui ferme cette fois la porte d’une Coupe du monde. Elle ne peut pas être présentée comme un oubli administratif ou une place perdue sur blessure : McDermott a expliqué sa sélection et revendiqué ses critères.
George Williams, Harry Smith et Mikey Lewis font partie des options retenues pour conduire le jeu. Hugo Savala, capable d’évoluer au centre ou dans les demis, figure également dans le groupe. L’Angleterre dispose donc de plusieurs solutions ; elle n’a pas écarté Connor faute de concurrence, mais au terme d’un arbitrage entre profils.
Ce type de choix engage un sélectionneur. Préférer une association à un joueur distingué individuellement peut produire une équipe plus cohérente. Cela peut aussi priver un groupe d’une ressource précieuse lorsque le scénario prévu ne fonctionne plus. Le tournoi permettra de juger ce pari plus sûrement que la réputation des joueurs.
La France croisera une Angleterre construite sur ce pari
La liste comprend dix joueurs évoluant en NRL et cinq joueurs sans sélection. McDermott met en avant une préparation approfondie, avec des échanges individuels et un travail sur les rôles attendus. Il veut que les joueurs arrivent en camp avec une compréhension claire de ce qu’ils doivent apporter.
L’Angleterre commencera contre les Tonga le 17 octobre, avant de rencontrer la France à Perth le 24, puis la Papouasie-Nouvelle-Guinée le 30. Elle aura donc rapidement l’occasion de montrer ce que sa sélection gagne à ces choix.
Pour Connor, cette deuxième grande occasion internationale manquée souligne la brutalité des choix de sélection. Une distinction individuelle peut récompenser une saison ; elle ne protège pas contre une place perdue lorsque le staff imagine une autre équipe. McDermott a choisi la cohérence qu’il recherche. Désormais, son équipe devra la rendre visible sur le terrain.
Spécialiste du rugby, Simon suit de près le Top 14, les compétitions européennes et le XV de France. Résultats, transferts, performances et grands rendez-vous : il décrypte l’actualité du ballon ovale tout au long de la saison.

