Le régulateur indépendant du football anglais a publié mardi un rapport alarmant sur les finances des clubs. Selon ses travaux, 94 % des clubs étudiés sont déficitaires. Le risque principal tient à leur dépendance envers l’argent apporté par leurs propriétaires.
Le football anglais génère plus de neuf milliards de livres de revenus, mais cette puissance commerciale ne garantit pas la sécurité de chaque club. Le projet de rapport publié le 13 octobre par l’Independent Football Regulator met en évidence des dépenses élevées, de l’endettement et une dépendance persistante aux actionnaires. Plus d’un quart des clubs ne pourraient pas tenir au-delà de trente jours si leur propriétaire cessait de les financer. Le sujet porte donc sur la capacité à payer les prochaines échéances autant que sur les résultats comptables annuels.
Un déficit ne signifie pas une faillite immédiate
La distinction est indispensable. Un club peut enregistrer des pertes tout en continuant à fonctionner grâce à des financements disponibles. Le problème devient plus aigu lorsque cet équilibre repose sur un apport renouvelé au dernier moment. Une décision du propriétaire, ou sa propre difficulté financière, peut alors rapidement se transmettre au club.
Le rapport concerne la pyramide du football anglais, pas uniquement les équipes les plus riches de Premier League. Présenter son chiffre de 94 % comme celui des seuls clubs de l’élite serait donc trompeur. Les revenus télévisés et commerciaux du sommet ne décrivent pas, à eux seuls, la situation des divisions inférieures.
La course à la montée engage les saisons suivantes
Le régulateur identifie notamment la pression poussant les clubs à dépenser pour suivre leurs concurrents. Une masse salariale construite dans l’espoir d’une promotion devient plus difficile à supporter lorsque celle-ci n’arrive pas. Le même problème peut apparaître après une relégation, quand les recettes diminuent plus vite que les engagements contractuels. L’ambition sportive produit alors des obligations financières qui survivent au résultat espéré.
Les réponses proposées portent sur une meilleure maîtrise des risques et sur la solidité des ressources disponibles. Les dirigeants devront être capables de montrer comment leur club peut faire face à ses dépenses. Cela pourrait conduire certains à revoir le rythme de leurs investissements ou la façon dont leurs propriétaires garantissent leur financement.
Aucune faillite générale n’est annoncée par ces chiffres. En revanche, le rapport remet en cause l’idée selon laquelle attirer beaucoup d’argent suffirait à protéger un championnat. Pour les clubs concernés, la question devient concrète : qui paiera les salaires et les dettes si le propriétaire ferme le robinet ?
Passionné par le sport et ses grandes histoires, Philippe couvre une actualité volontairement éclectique. Des grands événements aux performances individuelles, il s’intéresse autant aux résultats qu’aux acteurs et aux récits qui font vivre le sport.
