L’OM peut remplir le Vélodrome et rester prisonnier de la télé

Des tribunes pleines ne rendent pas l’OM indépendant du marché audiovisuel français. L’appel à candidatures lancé le 3 novembre 2026 pour la Ligue 1 jusqu’en 2032 le rappelle : une partie du financement marseillais se joue dans une négociation que le club ne peut pas gagner seul, même avec une audience puissante.

La consultation regroupe l’ensemble des rencontres dans un lot unique, proposé selon deux configurations : l’acquisition des droits de diffusion ou la distribution exclusive de Ligue 1+. Il ne s’agit encore ni d’un contrat signé ni d’une somme garantie aux clubs. L’ouverture d’une procédure crée une possibilité commerciale ; elle ne remplit pas immédiatement leur trésorerie.

Marseille vend une affiche, la Ligue vend un championnat

L’OM représente un produit attractif pour les diffuseurs. Son public, ses rivalités et l’atmosphère du Vélodrome donnent une valeur aux rencontres qu’il dispute. Mais la consultation porte sur la compétition dans son ensemble, pas sur une offre séparée dont Marseille fixerait seul les conditions.

Ce décalage place le club dans une dépendance collective. Il peut développer ses partenariats, son merchandising et ses recettes de stade ; il ne décide pas du prix que les opérateurs accepteront de payer pour toute la Ligue 1. Ses efforts commerciaux locaux et internationaux ne remplacent pas mécaniquement la recette audiovisuelle attendue.

Dans sa réorganisation économique, cette distinction compte. Un budget construit sur une forte remontée des droits TV avant qu’elle soit contractualisée ferait porter sur le fonctionnement courant un pari extérieur. Le retour à une gestion plus prévisible suppose au contraire de distinguer les revenus acquis, les projections et les espoirs.

Changer de distributeur ne suffit pas à changer de modèle

Le choix offert autour de Ligue 1+ montre que la discussion ne concerne pas seulement le nom d’une chaîne. Elle porte aussi sur l’organisation de la production, l’accès aux abonnés et la manière de distribuer les rencontres. Ces paramètres peuvent affecter la valeur finale, sans qu’il soit possible d’annoncer à l’avance quelle formule rapportera le plus.

Pour les supporters marseillais, le prix et la simplicité d’accès ont une conséquence immédiate : suivre leur équipe sans multiplier les obstacles. Pour le club, une distribution large et une rémunération solide doivent coexister. Un tarif élevé ne garantit pas une audience durable ; une audience importante ne garantit pas, seule, un contrat généreux.

L’OM doit donc continuer à développer ce qu’il maîtrise sans bâtir son avenir sur ce qu’il espère d’une vente collective. Un stade plein reste une force. Ce n’est pas une assurance contre les secousses du marché télévisuel. Le Vélodrome peut faire beaucoup de bruit ; il ne peut pas obliger un diffuseur à signer.