L’OM veut produire 20 000 contenus numériques par an pour développer ses recettes publicitaires. L’objectif décrit le 2 novembre 2026 dessine un autre chantier que le recrutement ou la formation : transformer l’attention des supporters en revenu. Marseille ne veut plus seulement remplir son stade. Il veut occuper les écrans, partout.
Le projet prévoit des contenus adaptés aux publics et aux territoires. Rapporté à une année complète, l’objectif représente près de cinquante-cinq publications quotidiennes en moyenne. Ce calcul ne signifie pas cinquante-cinq créations entièrement différentes chaque jour : versions locales, formats et déclinaisons peuvent entrer dans un tel volume. Il donne néanmoins une idée de l’échelle recherchée.
Les supporters lointains intéressent aussi les annonceurs
Le dossier publié le 2 novembre présente une communauté numérique d’environ trente millions de suiveurs, dont les deux tiers à l’étranger. Il ne faut pas lire ce cumul comme un recensement de trente millions de personnes différentes. Un même supporter peut suivre plusieurs comptes du club et être comptabilisé plusieurs fois.
La logique commerciale reste claire. Une personne qui ne viendra presque jamais au Vélodrome peut regarder des vidéos, suivre un joueur et acheter un produit. Une audience éloignée du stade n’est donc pas une audience sans valeur économique. Adapter les contenus peut permettre de mieux l’atteindre que la simple traduction occasionnelle d’un communiqué.
Pour les partenaires, cette présence offre davantage d’occasions d’exposition. Pour le club, elle ouvre un terrain moins directement dépendant de la capacité physique des tribunes. Une place de stade ne peut être vendue qu’une fois par rencontre ; un contenu peut circuler longtemps et sur plusieurs marchés.
Le volume ne garantit ni l’argent ni l’intérêt
Le risque apparaît au même endroit que l’opportunité. Multiplier les publications ne crée pas automatiquement une audience attentive. Des comptes peuvent grossir sans que leurs abonnés regardent durablement les vidéos ou s’intéressent aux campagnes commerciales. Les recettes dépendront aussi de cette qualité d’attention.
L’OM devra donc choisir ce qu’il veut rendre désirable. Images d’entraînement, accès aux joueurs, récits de club et partenariats ne remplissent pas les mêmes fonctions. Une communication exclusivement promotionnelle peut produire beaucoup de contenus sans donner beaucoup de raisons de revenir.
Ce chantier pose enfin une question d’identité. Le club populaire et local peut-il parler à des publics mondiaux sans devenir interchangeable ? L’objectif n’oblige pas à choisir entre Marseille et l’étranger. Il oblige à savoir ce qui, dans Marseille, mérite d’être raconté ailleurs.
L’enjeu pour McCourt ne sera pas de faire défiler vingt mille fois le même écusson. Ce sera de convertir une audience en activité durable sans épuiser ce qu’elle était venue chercher. Sur ce terrain aussi, une accumulation ne fait pas forcément une équipe.
Spécialiste du rugby, Simon suit de près le Top 14, les compétitions européennes et le XV de France. Résultats, transferts, performances et grands rendez-vous : il décrypte l’actualité du ballon ovale tout au long de la saison.

