Une photo de Jérémy Mathieu chez Intersport avait suffi à déclencher le récit d’une déchéance. L’ancien international français raconte une réalité différente dans un entretien publié le 28 octobre 2026 : après l’arrêt du football, il cherchait surtout à retrouver des gens, une activité et une place dans la journée.
L’image semblait offrir une histoire toute prête. Un ancien joueur du FC Barcelone, passé par l’équipe de France, travaillait dans un magasin de sport. Il ne restait qu’à imaginer l’argent disparu et la chute sociale. Mathieu conteste cette lecture. Son passage dans le commerce n’était pas, explique-t-il, la conséquence d’une ruine qu’il aurait dissimulée. Il répondait à un vide personnel dont un palmarès ne protège pas.
Une blessure avait fermé la porte brutalement
La fin de sa carrière professionnelle, en 2020, avait été précipitée par une grave blessure au genou alors qu’il évoluait au Sporting Portugal. Dans ses confidences d’octobre 2026, Mathieu évoque une dépression et plusieurs années difficiles après cette rupture. C’est son récit personnel, pas un diagnostic posé à distance par des commentateurs.
Le travail chez Intersport lui avait notamment permis de renouer avec une vie sociale. Derrière le comptoir, il n’était plus seulement un ancien défenseur auquel on demande de raconter Barcelone. Il avait des collègues, des clients, un emploi du temps et des tâches à accomplir.
Cette dimension a presque disparu dans la circulation de la photo, au printemps 2025. La curiosité portait sur le contraste entre les stades et le magasin. Lui décrit plutôt ce que l’activité lui apportait. Le même emploi pouvait ainsi devenir un motif d’inquiétude pour ceux qui regardaient et une ressource pour celui qui l’exerçait.
Le statut de champion devient parfois une prison
L’ancien international a ensuite cherché une place dans la formation et s’est orienté vers l’encadrement de jeunes, avec un travail auprès des U15 à Aix et une démarche de qualification comme entraîneur. Ce parcours n’a rien de la reconversion instantanée vendue dans les portraits de fin de carrière.
Il oblige surtout à poser une question moins confortable que celle de son compte en banque : pourquoi juge-t-on humiliant qu’un ancien joueur célèbre exerce un métier ordinaire ? Le prestige sportif paraît parfois imposer une obligation de rester exceptionnel jusque dans la retraite.
Mathieu ne présente pas son expérience comme une recette universelle. Il remet simplement les mots à leur place. Travailler dans un magasin ne prouve pas qu’un champion a tout perdu. Cela peut aussi signifier qu’il essaie de récupérer quelque chose que le football, une fois terminé, ne lui donne plus.
Journaliste sportif passionné par toutes les disciplines, Benjamin s’intéresse particulièrement au football, au rugby et aux grands événements. Il décrypte l’actualité avec un regard attentif sur les performances, les enjeux et les histoires qui font vivre le sport.

