CAN : Pourquoi la CAF renonce déjà à sa grande révolution

La Coupe d’Afrique des nations retrouvera un rythme de deux ans, a annoncé la CAF le 29 octobre. Le passage à quatre ans avait été décidé l’année précédente. Derrière ce revirement, l’instance reconnaît une inquiétude sur les revenus de la compétition qui devait prendre le relais.

La CAF revient sur l’un de ses choix les plus importants pour l’avenir des sélections africaines. Son comité exécutif a voté à l’unanimité le rétablissement d’une CAN tous les deux ans. Le président Patrice Motsepe avait annoncé un réexamen du dossier lors de la conférence stratégique organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre.

L’explication officielle porte notamment sur le temps nécessaire à une nouvelle Ligue des nations panafricaine pour générer des ressources importantes. La CAF ne veut pas attendre plusieurs années avant que cette compétition puisse contribuer suffisamment au financement du football africain.

La CAN conserve une place essentielle dans les comptes

Cette dépendance aux grandes compétitions apparaît dans les documents financiers de l’instance. Son rapport d’activités 2024-2025 présente une perte nette non auditée de 43 millions de dollars, après un bénéfice de 9,5 millions lors de l’exercice précédent. Les revenus étaient passés de 166,4 à 88,8 millions de dollars.

Le rapport attribue principalement cette baisse au décalage du CHAN et de la CAN vers l’exercice suivant. Il ne s’agit donc pas de pertes que la décision du 29 octobre viendrait automatiquement effacer. Ces chiffres montrent en revanche combien les comptes peuvent varier lorsque les recettes des tournois majeurs changent d’exercice.

Renoncer trop vite à la fréquence de la CAN aurait ainsi obligé la CAF à compter davantage sur une compétition encore à installer. En conservant son tournoi historique, elle privilégie une source de revenus déjà identifiée.

Un retour tous les deux ans qui demande une transition

Le calendrier annoncé ne reprend pas immédiatement une alternance parfaite. Patrice Motsepe confirme une édition en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, puis cite 2028, 2031 et 2033. Il explique cette transition par la Coupe du monde 2030 et la volonté d’éviter que les grandes compétitions continentales de sélections se tiennent la même année.

La décision fixe donc une orientation durable, mais elle ne permet pas à elle seule de déduire les dates précises de toutes les éditions suivantes. Pour les fédérations, les joueurs et leurs clubs, les prochaines précisions porteront sur cette organisation pratique.

La CAF conserve surtout la CAN au centre de son modèle. La nouvelle compétition devra démontrer sa capacité à produire des revenus avant que l’instance puisse envisager de lui confier une part comparable de son financement.