Le Vélodrome peut rapporter davantage à l’OM sans lui coûter moins cher. Derrière le passage à l’enseigne CEPAC, une réalité demeure : Marseille commercialise son stade de résidence, mais n’en devient pas propriétaire. Entre naming, événements et loyer, plusieurs circuits d’argent se croisent. Les confondre donne une image trompeuse de la marge de manœuvre du club.
Le partenariat annoncé le 25 juin 2026 pour au moins sept ans a remplacé l’accord avec Orange. Stéphane Richard y voyait un signe d’attractivité dans une période de redressement financier. Trois mois plus tard, Benoît Payan rappelait dans La Provence que le loyer ne baisserait pas. Les deux positions peuvent parfaitement coexister : le président cherche de nouvelles recettes, le maire défend les conditions d’utilisation d’un équipement municipal.
Un nom vendu n’est pas un stade acheté
Le naming rémunère l’association d’une marque à une enceinte. Il ne transfère ni les murs ni la propriété du terrain. L’OM peut donc tirer un revenu commercial du Vélodrome tout en continuant à verser une redevance pour son occupation.
Selon les éléments rappelés par Football Club de Marseille le 25 septembre 2026, la part fixe du loyer peut atteindre 9,4 millions d’euros annuels à partir de 2026, auxquels peut s’ajouter une part variable liée aux recettes. Ce plafond ne doit pas être présenté comme la facture définitive de chaque exercice : le montant effectivement dû dépend des dispositions applicables.
Le nouveau contrat CEPAC a été décrit comme plus rémunérateur que le précédent. Son montant précis n’a toutefois pas été rendu public dans les annonces citées. Soustraire un chiffre supposé de naming à un loyer maximal pour annoncer un coût net certain serait donc un raccourci.
Les concerts ne sont pas des recettes gratuites
Richard a expliqué vouloir développer les événements non sportifs et améliorer les prestations proposées aux visiteurs. L’idée a une logique : utiliser plus souvent un équipement qui ne peut pas vivre uniquement au rythme des rencontres de l’OM.
Mais remplir une date ne revient pas à encaisser son chiffre d’affaires en bénéfice. Organisation, personnel et exploitation doivent entrer dans le calcul. Le sujet pertinent reste ce que le club conserve une fois les coûts et les engagements pris en compte.
Payan refuse, de son côté, de faire porter aux contribuables une réduction destinée à soutenir les ambitions sportives de l’OM. Ce désaccord potentiel dépasse largement un classement : jusqu’où une ville doit-elle accompagner le financement de son club phare ?
Le Vélodrome reste une force commerciale exceptionnelle pour Marseille. Il constitue aussi une relation contractuelle avec une collectivité. Le vendre mieux aux partenaires peut aider le club ; cela ne lui donne pas les clefs de la propriété, ni le pouvoir d’effacer seul les charges. La nouvelle enseigne change la façade. Le partage de la facture se règle ailleurs.
Journaliste passionné par l’univers du sport et ses enjeux économiques, François suit particulièrement l’actualité du football et du mercato. Transferts, tendances, chiffres et coulisses des clubs : il décrypte les mouvements qui animent le marché.

