OM : cinq défaites, puis deux minots… Genesio a trouvé de l’air là où personne ne regardait

Dos au mur après cinq défaites consécutives toutes compétitions confondues, Bruno Genesio a lancé Kelyann Bezahaf et Nouhoum Kamissoko pour leur première titularisation en Ligue 1. L’OM a gagné 2-0 à Troyes : le salut est venu de deux noms absents des grandes affiches de l’été.

Ce n’était pas une opération de communication. Marseille était encore relégable au coup d’envoi, privé de Pierre-Emile Højbjerg et Derek Cornelius sur blessure, avec Timothy Weah suspendu. Genesio avait besoin de points, pas d’un symbole. Il a pourtant confié le côté droit de sa défense à Bezahaf et une place au milieu à Kamissoko, 21 ans. Le pari ressemblait à une conséquence des absences. Il pourrait devenir une leçon pour la suite.

Deux premières sans trembler

Le onze marseillais n’avait rien d’expérimental autour d’eux : De Lange dans le but, Egan-Riley et Aguerd dans l’axe, Emerson capitaine, puis Abdelli, Harit, Angel Gomes, Paixão et Gouiri. Les deux jeunes étaient entourés, mais ils n’étaient pas cachés. Bezahaf devait tenir son couloir. Kamissoko devait occuper une zone où l’absence de Højbjerg pouvait se voir à chaque perte de balle.

L’OM n’a pas livré un récital. La première période a été fermée, la fin de match plus nerveuse qu’elle n’aurait dû l’être et Troyes a obtenu des situations pour égaliser. Mais Marseille a tenu, avant qu’Amine Harit ne marque à la 50e minute et qu’Himad Abdelli ne transforme un penalty dans le temps additionnel. Pour une équipe qui venait d’enchaîner les défaites, la sobriété avait presque valeur de luxe.

Genesio a publiquement salué Kamissoko et Bezahaf après la rencontre. Cette reconnaissance compte, mais elle ouvre surtout une question embarrassante : fallait-il attendre l’urgence absolue pour leur donner une vraie place ?

Le mercato vient de recevoir un message

À Marseille, les recrues occupent traditionnellement l’espace médiatique. Les montants, les promesses et les statuts dessinent souvent la hiérarchie avant même le premier entraînement. Troyes a rappelé une évidence moins glamour : un effectif se construit aussi avec ceux qui connaissent déjà le club et qui acceptent de jouer sans réclamer la lumière.

Il serait excessif de faire de Bezahaf et Kamissoko des titulaires installés après une soirée. Mais il serait tout aussi absurde de les renvoyer automatiquement au bout du banc dès le retour des cadres. Ils ont répondu dans un match que l’OM n’avait pas le droit de perdre. C’est précisément le genre de prestation qui doit déplacer une hiérarchie.

La victoire n’efface ni les cinq défaites ni les failles du jeu marseillais. Elle offre cependant à Genesio quelque chose de plus précieux qu’un discours : deux solutions crédibles sorties de l’ombre. L’OM cherchait de l’oxygène sur le marché et dans son vestiaire. Il en avait peut-être déjà une réserve au centre de formation.