Dimitri Payet avait accepté de diviser son salaire par deux pour la saison 2020-2021. Le chiffre avait largement accompagné sa prolongation à l’OM. Il ne racontait pourtant pas tout l’accord. Sur les dernières années du contrat, une partie importante de sa rémunération devait aussi dépendre de sa présence sur le terrain.
Le 27 juin 2020, Payet, Jacques-Henri Eyraud et André Villas-Boas s’étaient présentés ensemble devant la presse. L’OM sortait d’une saison interrompue par la crise sanitaire et devait faire face à des difficultés financières. Son meneur de jeu, âgé de 33 ans, prolongeait jusqu’en 2024.
L’expression « Marseillais à vie » avait donné à l’annonce sa dimension affective. Mais derrière la formule, le président du club avait détaillé un montage salarial beaucoup moins classique qu’une simple prolongation de deux saisons.
Des baisses différentes selon les années
Eyraud annonçait une diminution de 50 % pour 2020-2021, puis de 30 % pour 2021-2022. Pour les deux saisons supplémentaires, il évoquait une baisse du salaire de base comprise entre 40 et 60 %. Payet renonçait également à ses primes de qualification européenne.
Ces pourcentages décrivaient les conditions présentées ce jour-là. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de calculer ce que le joueur a réellement touché pendant toute la période : les primes et la part variable doivent aussi être prises en compte.
Le détail le plus engageant concernait justement les deux dernières années. Selon Eyraud, une grande partie de la rémunération ne serait garantie que si Payet était titulaire. Le joueur acceptait donc qu’une baisse de son rôle sportif ait aussi des conséquences financières.
La prolongation ne garantissait pas tout
Payet insistait alors sur le fait qu’il avait lui-même engagé la démarche. Il refusait de présenter l’opération comme un simple échange entre moins d’argent immédiatement et deux années confortablement assurées à la fin. Ces saisons supplémentaires devaient, selon sa formule, se gagner « au mérite ».
L’annonce contrastait avec son opposition précédente à une baisse ponctuelle pendant le confinement. Il assumait cette position et évoquait notamment des engagements personnels et professionnels.
L’histoire n’a finalement pas suivi jusqu’au bout le scénario présenté en 2020. Son départ de l’OM a été officialisé en juillet 2023, avant l’échéance prévue en 2024. Mais l’accord initial reste révélateur : Payet n’avait pas seulement réduit un salaire. Il avait aussi accepté de lier une partie de sa fin de contrat à la place que les entraîneurs lui donneraient réellement.
Journaliste passionné par l’univers du sport et ses enjeux économiques, François suit particulièrement l’actualité du football et du mercato. Transferts, tendances, chiffres et coulisses des clubs : il décrypte les mouvements qui animent le marché.
