À Istanbul, l’OM a perdu 4-1 contre Besiktas pour son entrée en Ligue Europa. Au milieu d’une soirée qui a renforcé la crise marseillaise, Keyliane Abdallah a marqué lors de sa première titularisation européenne. Ce but n’a pas sauvé son équipe, mais il a déplacé le débat : si un jeune parvient à apporter de la spontanéité dans un collectif crispé, pourquoi Marseille lui réserverait-il seulement les soirs où tout va déjà mal ?
La lumière dans une défaite lourde
Abdallah a égalisé à la 29e minute après avoir été servi par Himad Abdelli. À la pause, l’OM était encore dans la rencontre. La suite a été bien plus inquiétante : deux buts encaissés en quelques minutes après le repos, puis un quatrième en fin de match. Bruno Génésio a lui-même décrit un effondrement lorsque son équipe a été menée 3-1. Il serait donc absurde de transformer le jeune attaquant en solution miracle à une faillite collective.
Sa prestation mérite néanmoins mieux qu’une simple consolation distribuée après une lourde défaite. Abdallah a montré de l’activité et de l’audace là où Marseille a souvent paru freiné par la peur de se tromper. C’est précisément dans une telle période que le statut d’un joueur doit dépendre du terrain, pas seulement de son âge ou de son expérience. Les cadres gardent une responsabilité supérieure ; ils ne disposent pas pour autant d’un droit automatique aux mêmes minutes.
Le risque de fabriquer un sauveur
L’autre piège serait de charger Abdallah d’un rôle qui n’est pas le sien. Un but face à Besiktas ne garantit ni la régularité ni la capacité à porter l’attaque sur toute une saison. Le jeune Marseillais peut être une option plus fréquente sans devenir le symbole commode de tous les reproches adressés aux titulaires. Génésio devra lui offrir des conditions de jeu claires, avec des partenaires capables de l’alimenter, et juger ensuite ce qu’il apporte dans plusieurs contextes.
La comparaison avec la suite de la soirée stambouliote est brutale. Marseille avait trouvé une réponse grâce à son jeune joueur, puis son bloc s’est progressivement ouvert. Le problème majeur reste donc collectif : protection des transitions, solidité mentale et réactions aux buts encaissés. Abdallah ne réparera pas seul ces failles. Il peut toutefois obliger le staff à revoir la hiérarchie de certaines places.
Dans un club où la pression accélère tous les jugements, il faut résister à deux facilités : ignorer sa prestation parce que le score est lourd, ou le présenter déjà comme le sauveur de l’OM. La vraie décision, désormais, est plus simple et plus exigeante : lui donner une chance de confirmer.
Spécialiste du rugby, Simon suit de près le Top 14, les compétitions européennes et le XV de France. Résultats, transferts, performances et grands rendez-vous : il décrypte l’actualité du ballon ovale tout au long de la saison.

